1. Shenmue 1 & 2

(Sega)

La grande saga de Yu Suzuki a bien failli ruiner Sega et nous a laissé en plan avec un cliffhanger abracadabrantesque à la fin du deuxième épisode. Chef-d’oeuvre inachevé, beau et bancal, Shenmue aura su, bien plus qu’aucun autre jeu, retranscrire la poésie du quotidien. Moins glorieux :il est aussi l’inventeur du Quick Time Event (QTE), ces cutscenes au cours desquelles le joueur doit appuyer le plus rapidement possible sur les boutons en fonction de ce qui se passe à l’écran, et qui ont depuis été reprises jusqu’à la nausée dans de nombreux jeux d’action.
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2. Shadow of the colossus

(Sony)

Fumito Ueda a ses détracteurs, qu’on pourrait presque comprendre. Pourtant, son souci d’assainissement du langage et des codes parfois trop ampoulés du jeu vidéo, son travail sur l’émotion, la perspective et l’esthétique inspirent de plus en plus ses confrères (Ubisoft en tête). Shadow of the colossus, son hub aussi vide que gigantesque, son système de progression absurde, et son interface minimaliste, ont définitivement posé, après un Ico nettement plus accessible, les bases de la démarche d’un déjà grand nom du jeu vidéo.
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3. Metroid prime

(Nintendo)

Metroid est une des rares licences Nintendo a avoir fait l’impasse sur le passage à la 3D sur N64. Pas grave : la série de Gunpei Yokoi rattrape largement le coche sur GameCube. Développé par un studio texan ( !) sous la direction parfois pugnace de Miyamoto, Metroid prime prend le risque de la vision subjective – c’est un « presque-FPS » – mais reste fidèle aux fondamentaux et à l’identité de la saga… alors que ces deux successeurs,Echoes et Corruption, s’en éloigneront progressivement.
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4. Half life

(Valve Software)

Avec Half life, le FPS fait un grand bond en avant. Grande première, le titre de Valve s’intéresse enfin à la narration, jusque-là délaissée par un genre qui ne s’en souciait guère. Mieux, il l’intègre de manière très dynamique à la progression du jeu. Son introduction, époustouflante, impose un standard sur lequel une grande majorité de ses confrères ne pourra plus faire l’impasse. Y compris le très bas-du-front Doom 3.
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5. Metal gear solid 3 : Snake Eater

(Konami)

Kojima peut agacer. D’abord parce qu’il fait parfois sa diva ; mais aussi par l’insolence de son talent. MGS2 était au bord de la rupture, pas loin du soufflet lancé à certains fans conservateurs. MGS3 rétablit la balance, avec pas mal d’humour, mais aussi grâce à une histoire et des personnages fantastiques, et à un gameplay-laboratoire fascinant, qui fait oublier des petits soucis mécaniques sans importance.
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6. Ninja gaiden

(Team Ninja)

L’instant de grâce de Tomonobu Itagaki, créateur des Dead or alive : rien à jeter dans ce beat’em all flamboyant, aucune aspérité, un level-design qui dévoile progressivement son génie, un gameplay d’une rare richesse, et un rythme qui ne faiblit quasiment jamais au cours d’une vingtaine de très longues heures de jeu. Tout en conservant cette vulgarité naturelle (esthétique limite et obsession adolescente pour les poitrines démesurées) qui fait le charme des productions Team Ninja.
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7. The Legend of Zelda : Majora’s mask

(Nintendo)

Evidemment, on aurait pu retenir de ces 10 années l’épisode fondateur de la période 3D de Zelda : l’insurpassable Ocarina of time. Plus sombre, et plus fou, Majora’s mask marque les débuts d’Eiji Aonuma en tant que nouvelle tête pensante et chercheuse de la série. Et aussi, paradoxalement, son aboutissement. Les épisodes suivants, The Wind waker et Twilight princess, auront beaucoup plus de mal à s’écarter de l’influence intimidante et envahissante du père Miyamoto.
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8. Halo

(Bungie)

Les véritables amoureux de FPS PC le regardent avec mépris. Pourtant, après le Goldeneye de Rare, Halo parvient à légitimer l’adaptation difficile du genre sur console. Dans cette optique, avec ces grands niveaux ouverts, l’intelligence artificielle très poussée des adversaires, et des modes de difficulté qui changent radicalement l’expérience du jeu, le premier épisode reste inégalé.
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9. Resident evil 4

(Capcom)

Le survival-horror sur le déclin, il ne restait pas vraiment à Resident evild’autre choix que de redéfinir ses fondamentaux. Reprise en main par son créateur Shinji Mikami, la licence se transforme en third-person-shooter horrifique haletant, quasiment en avance d’une génération de consoles.Resident evil 4 accumule les morceaux de bravoure, parfois jusqu’à l’absude (son dernier tiers presque hors-sujet), sans montrer le moindre signe d’essoufflement.
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10. Morrowind

(Bethesda Softworks)

The Elder scrolls est un peu le dernier des mohicans du RPG PC, même si la série de Bethesda a fait ses premiers pas sur console avec sa troisième itération. Plutôt moche, et buggué jusqu’à l’os, Morrowind est un animal monstrueux qui s’apprivoise difficilement. Son monde immense et ouvert, sa richesse, la sensation de liberté qu’il procure, en font une des expériences les plus prenantes de ces dernières années. Un peu comme un MMORPG en solitaire.
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