PARTAGER

On a vu absolument tous les pilotes du monde, et on vous en parle ici. La note est indicative de la qualité du pilote et de l’intérêt qu’il suscite à suivre la série.

QUARRY – CINEMAX et OCS en France

quarry-2De retour au pays où ils sont rejetés de toutes parts et pointés du doigt pour avoir supposément commis des crimes de guerre, deux vétérans de la guerre du Vietnam se voient proposer un job à leur mesure : tueur à gages. Bien sûr, rien n’est simple et les choses dégénèrent rapidement…

Le pilote de Quarry est une promesse pour la suite et l’acte de naissance d’un nouveau personnage aussi sombre, complexe et fascinant que le monde dans lequel il évolue : Mac Conway. De tueur à l’étranger pour l’Oncle Sam à tueur domestique pour une organisation criminelle : quelle différence et quelle place pour son âme ? Amateurs de polar et d’ambiance 70s, vous allez être servis.

Réalisateur et producteur exécutif sur Banshee à laquelle il avait insufflée son identité visuelle, Greg Yaitanes a quitté celle-ci pour se concentrer sur Quarry dont il met en scène toute la saison. Sur un script d’anciens de Rectify, Quarry nous plonge dans un univers de roman noir pulp croisé avec le Deer Hunter de Cimino où la complexité des personnages, la violence sèche et la noirceur abyssale règneraient sans partage…

5/5

 

THIS IS US – NBC

13384_1463430574

Lancée avec une aura de mystère autour d’elle, This Is Us est un simple drama choral dont les personnages principaux ont un point commun : ils sont nés le même jour. Nous suivons un futur papa attendant l’arrivée de ses triplés, un acteur de sitcom qui aimerait jouer autre chose, sa soeur obèse bien décidée à perdre du poids et un homme qui pour son anniversaire va rencontrer le père biologique qui l’a abandonné…

Difficile de parler plus avant de This Is Us sans déflorer le twist qu’elle nous balance en fin de pilote. Un twist qui pourrait être l’acte de naissance et l’arrêt de mort de la série car, après un tel tour de passe-passe, la question qui se pose porte inévitablement sur ce qu’il lui reste sous le capot. Ce genre de tour de force ne pourra pas être répété ad nauseam et tout repose dorénavant sur les personnages qui nous ont été présentés et leurs parcours respectifs… Heureusement pour elle, il semblerait que This Is Us ait de quoi faire à ce niveau.

Bien écrite, assez fine malgré des écarts lourdauds et avec une pointe d’humour pas désagréable (une série qui fait une bonne blague sur Michael Bay, c’est rare), This Is Us parvient à nous présenter des personnages denses, intéressants et touchants en l’espace de trois quarts d’heure. Plus important encore, la série nous fait pénétrer dans leur intimité pour nous dire qui ils sont et qui ils aimeraient être et surtout, elle nous donne envie de passer encore un peu de temps avec eux. En tant que premier épisode de série sans high concept ravageur, This Is Us ne pouvait pas espérer meilleur résultat.

5/5

 

ATLANTA – FX

2048x1536-fit_acteur-donald-glover-droite-createur-serie-fx-atlanta

Earn (Donald Glover, auteur, acteur, producteur, couteau suisse de la série) mène une vie pas rapide du tout. Naviguant à vue entre un job naze qui ne le paie même pas assez pour sortir la tête de l’eau, des parents qui ne veulent plus le voir et une copine qui aimerait moins le voir galérer, il se met en tête de devenir le manager de son cousin rappeur, Paper Boi…

Vu l’expérience rapologique de Glover en tant que Childish Gambino, on pensait presque voir un How To Make It dans le rap game mais Atlanta déjoue toutes nos attentes, loin des autres grosses séries estampillées hip hop comme The Get Down et Empire. Cette volonté de se démarquer, la série l’affiche dès son intro. Une simple embrouille sur un parking de supérette monte rapidement dans le rouge et à la faveur d’un long plan aérien aussi saisissant qu’atmosphérique, la série annonce la couleur (comme le père de Earn l’affirme au sujet de son fils) : Atlanta jouera selon ses propres règles.

Annoncée comme une comédie par FX, Atlanta n’est pas vraiment drôle. Il y a de l’humour ici et là mais amuser la galerie n’est pas le but premier de la série. L’aspect success story du projet est là mais en arrière plan, une vague intrigue tournant autour d’un titre à diffuser en radio se déploie de façon indolente. La série ne semble pas être dans le storytelling pur et dur mais plutôt dans une volonté de capter des instantanés de cette Amérique qui galère. Son naturalisme poétique fait office de filtre Instagram un peu facile, enrobant son sujet et son propos d’un jolis vernis lui permettant une distance qui pourrait peut-être porter préjudice à ses ambitions plus contestataires.

4/5

 

DESIGNATED SURVIVOR – ABC / NETFLIX en France

designated-survivor-abc-5

Jack Bauer, président des États Unis d’Amérique. Cela pourrait sonner comme le pitch d’une fanfic délirante de 24 mais c’est bel et bien celui d’une des séries les plus attendues de cette rentrée. Kiefer Sutherland y incarne Tom Kirkman, ministre du logement qui se retrouve bombardé Président après que l’explosion du Capitole ait décimée toute la classe politique américaine.

Certes nous sommes en pleine adaptation chafouine du Sur Ordre de Tom Clancy mais pourquoi bouder notre plaisir ? Le pilote fonctionne et donne envie d’en savoir plus. Tous les ingrédients d’une série bigger than life sont là : nous avons des militaires prêts au putsch, une journaliste trop sympa pour son propre bien, une agent du FBI badass persuadée que les responsables de l’attentat ne s’arrêteront pas en si bon chemin, la famille boulet du président et même, cerise sur le gâteau Trumpesque des scénaristes, de méchants Iraniens. Que demander de plus à part que la série sache, après nous avoir introduit tous ces succulents ingrédients, en tirer le meilleur parti possible.

Côté Kiefer Sutherland, on en est pas encore à réclamer une scie pour décapiter un cadavre ou négocier à coup de Glock dans les rotules mais on sent que la série pourrait à tout moment déraper sur ce terrain. C’est sans doute, au delà de son très efficace pilote, ce qui rend Designated Survivor si excitante: l’attente de ce basculement inévitable dans le WTF total.

4/5

 

LETHAL WEAPON – FOX

lethal-weapon-fox-image-1

Un producteur malin a dû se dire « tout le monde aime les séries policières et tout le monde connaît L’Arme Fatale, boom, faisons un truc » et … il n’avait pas fondamentalement tort. Le chemin de la sacro-sainte saga (deux films aussi réussis que les deux autres sont de complètes purges) était tout tracé vers une seconde jeunesse télévisuelle.

Difficile d’oublier Mel Gibson et Danny Glover, mais force est de constater que la force de ce reboot est à mettre au crédit de la réécriture assez fine des protagonistes et, surtout, de leur interprétation. Clayne Crawford et Damon Wayans s’emparent de leurs personnages, les texturent et les rendent attachants sans trop en faire et si ce pilote se suit agréablement, c’est (uniquement) grâce à eux.

Là où le bât blesse, c’est qu’à une scène d’action près (une poursuite en bagnole “classique” dégénère pour se finir en plein grand prix de F1) et du placement de produit pour les Apple Watch, Lethal Weapon a poussé la déférence à son modèle des années 80 jusqu’à ressembler à une série des années 80. L’intrigue policière est poussive et paresseuse, les scènes d’action (hormis la poursuite donc) sont nombreuses mais peu inspirées et cheap et la sympathie du cast n’est pas suffisante pour motiver le visionnage d’une vingtaine d’histoires similaires.

Il y a quatorze ans, sur la même chaîne, McG (réalisateur du pilote de Lethal Weapon) lançait Fastlane. Flashy, excessive et cool, elle proposait un buddy movie explosif et ancré dans son époque semaine après semaine; en 2016, Lethal Weapon semble juste avoir loupé un train qui serait passé il y a plus de quinze ans…

2/5

 

THE GOOD PLACE – ABC

thegoodplace

Félicitations, vous êtes mort.

Quel que soit le Dieu auquel vous croyez (ou pas), vous vous retrouverez soit au Mauvais Endroit, soit au Bon Endroit. Dans cette série du créateur de Parks & Recreations, Eleanor (Kristen Bell) se retrouve, à la faveur d’une erreur administrative, au Bon Endroit alors qu’elle n’a vraiment rien à y faire et crée ainsi un déséquilibre mettant en péril le Paradis. Heureusement, rien n’est perdu car si elle pouvait s’amender et devenir une bonne personne peut-être que tout pourrait rentrer dans l’ordre…

S’ensuit une pelletée de situations rebattues et de gags inoffensifs dans ce Paradis qui n’est qu’une énième représentation des fameuses banlieues chics et WASP peuplées de personnes trop parfaites pour être honnêtes. The Stepford Wives avait tout dit là-dessus en 72 et nous avons pu faire et refaire le tour du sujet ces dernières années avec Desperate Housewives et Suburgatory qui, dès leurs pilotes respectifs, étaient bien plus inspirées et incisives.  

1/5

 

MACGYVER – CBS

MACGYVER, a reimagining of the classic series, is an action-adventure drama about 20-something Angus ÒMacÓ MacGyver (Lucas Till, pictured) who creates a clandestine organization within the U.S. government where he uses his extraordinary talent for unconventional problem solving and vast scientific knowledge to save lives. Under the aegis of the Department of External Affairs, MacGyver takes on the responsibility of saving the world, armed to the teeth with resourcefulness and little more than bubble gum and a paper clip. Photo: Ron P. Jaffe/CBS ©2016 CBS Broadcasting, Inc. All Rights Reserved

Aucun intérêt.

0/5

 

KEVIN CAN WAIT – CBS

5b7b3d38d206b91cd2360e86c6a94388

Jeune retraité de la police, Kevin (interprété par Kevin James, faire valoir intermittent de Adam Sandler) compte bien profiter de la vie, de ses amis et faire ce qu’il veut quand il le veut. C’est sans compter sur sa femme et ses enfants trop malins pour leur âge qu’il a constamment dans les pattes et surtout sa fille aînée et le petit ami de celle-ci qui viennent s’installer à la maison…

Kevin Can Wait ressemble à un accident de machine à remonter dans le temps. C’est une sitcom multi-caméra dans la grande tradition du genre. Les blagues ne sont pas vraiment drôles mais les comédies marquent bien l’arrêt après les avoir dites histoire que le public assistant au tournage, ou plus triste, de vulgaires rires enregistrés, puissent retentir. Très vite, on n’écoute plus ce qui se dit, on ne fait que l’entendre.

Le thème du retour chez les parents et des soucis d’intimité et financiers qui en découlent surprend et intrigue pour une série de ce genre. Malheureusement, la forme même de la série et surtout son écriture, que l’on jurerait bloquée dans les années 80, en annihilent précocement toute la sève pour ne nous laisser qu’un programme qui se regarde mais qui ne se suit pas…

0/5