PARTAGER
4
sur 5

L’année 2000 sera-t-elle oui ou non celle de l’hyperréalisme ? Entre mondes virtuels et images de synthèse à outrance, les questions n’en finissent plus de fuser : l’être humain est-il capable de reproduire exactement la réalité qui l’entoure. Replacée dans un contexte ludique, l’interrogation est là aussi légitime. Car au vu du potentiel inexploité des cartes graphiques 3D de dernière génération, nous étions en droit de nous demander si les développeurs de jeux étaient réellement capables de tirer profit d’une telle technologie embarquée. Superbike 2000 prouve enfin que l’attente ne fut pas vaine. Du coup, il devient difficile d’en parler. Plus qu’une simple simulation, ce jeu nous offre la plus époustouflante des osmoses entre un excellent graphisme et une exceptionnelle jouabilité. Jamais les motos et les pilotes n’avaient fait l’objet d’une modélisation aussi minutieuse. La finition se révèle irréprochable, jusqu’au plus superflu des détails. Pour preuve, l’affichage de la vitesse est dorénavant disponible directement sur le compteur du bolide. Quant aux chutes, elles s’avèrent bien aussi spectaculaires que dans la réalité. Le pilote se voit la plupart du temps projeté d’un côté tandis que sa monture part se vautrer dans le sens opposé… Des accidents dignes de ce nom qui donnent à la course une vraie dimension sportive. A condition bien entendu d’activer toutes les options du mode simulation. A défaut, Superbike 2000 se résume à un vulgaire jeu d’arcade sans aucune gestion des collisions. A tel point qu’il est possible de doubler un concurrent en passant à travers lui ! Du jamais vu, mais en arcade tout est possible… Prenez bien soin de vérifier les réglages en début de course. Même chose pour votre bolide : sans réglages préalables de la moto, vous pourriez bien ne jamais remporter le championnat, ni même le Superbole.

Egalement impressionnant, le jeu de caméra, extérieure et intérieure. L’une de vue vous place juste au-dessus de la tête du pilote. Soyons clair : si le réalisme coupe le souffle, il vous donnera sans nul doute également des maux d’estomac. Qui plus est si vous aimez prendre vos virages genou à terre… Etrangement, au vu de toutes ces qualités tant graphiques que techniques, il y avait fort à parier que Superbike 2000 soit extrêmement gourmand en ressources système. Et bien non. Une fois de plus, ce jeu mérite de vraies éloges. Méfiance cependant : si vous disposez d’un Pentium II première génération, évitez donc la course à plus de 12 concurrents, (la limite étant à 25). Vous risquez de comprendre difficilement pourquoi vous n’avancez pas… Autre mise en garde : les indicateurs. Ils vous signalent vos excès de vitesse. Une main noire vous suggère par exemple de freiner dans les virages, tandis que l’icône d’un pneu vous annonce leur prise en défaut. Quelle importance ? Juste un problème d’adhérence, rien de plus… ne jouez pas les kamikazes !

Présenté comme « la plus belle simulation de courses conçue à ce jour », Superbike 2000 tient finalement toutes ses promesses. A condition cela dit de faire abstraction des commentaires assurés par Rémy Tissier. Dans ce domaine, le jeu vidéo n’a jamais su briller. Ici, et de ce point de vue, la médiocrité reste entière et implacable.