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2
sur 5

Il faut parfois se faire violence. Et bouffer au kilomètre des jeux dont on ne rêve pas forcément la nuit. Pas qu’on soit allergique à Star wars -pas encore. Au contraire… Mais le shoot’em-up est un genre qui peut très rapidement devenir gonflant si le gameplay n’est pas un minimum réfléchi. Pas d’inquiétude cela dit : Rogue leader est considéré comme la première killer app’ du GameCube. Pas de Mario, pas de Zelda pour la 128bits de Nintendo -pas encore. Non, un jeu bien ricain, ce qui confère au GameCube au moins un point commun avec la Xbox et son FPS big-hit Halo. Rogue leader, apparemment, ne peut donc être qu’un chef-d’oeuvre, c’est indiscutable, autoproclamé depuis des lustres, end of the story.

Sauf qu’on commence à se méfier des hits programmés à la Devil may cry. Rogue leader est beau -bah oui il est « bump-mappé » !-, Rogue leader n’est pas une daube sans nom. Mais de là à crier au génie… il va falloir prendre du Xanax. Suite à peine remaniée de Rogue squadron sur N64, Rogue leader vous invite à revivre la plupart des scènes d’anthologie des films de la première trilogie Star wars plus quelques inédits qui finiront sûrement par être ajoutés au montage initial par ce perfectionniste rétro-actif qu’est George Lucas. Vous êtes Luke Skywalker, excusez du peu, et vous êtes catapulté aux commandes de la plupart des vaisseaux mythique de la Force Rebelle -X-Wing, Y-Wing, B-Wing, etc. Il s’agit ici d’accomplir une dizaine de missions aux quatre coins de la galaxie, au sol, dans le vide intersidéral ou à l’intérieur de bases spatiales ennemies. Une dizaine de niveaux, c’est peu, certes, mais rassurez-vous il y a pléthore de bonus à débloquer en recommençant plusieurs fois la même mission pour obtenir de meilleures médailles. Un gameplay pour hardcore-gamer persévérant et pugnace.

Rogue leader sonne prometteur mais quelque chose cloche : le maniement des vaisseaux est un peu « spécial », voire un peu mou de prime abord… Mais le plus grand grief qu’on puisse lui adresser se situe dans l’architecture des missions. Très scriptées, très directrices : détruire ceci, puis cela, puis protéger machin. Ceux qui espéraient un grand shoot convulsif emprunt de liberté d’action enivrante vont être déçu, on a beau faire partie des Rebelles, ici, c’est tout de même l’armée, pas question de batifoler. Il faudra donc remplir une série d’objectifs dans un temps donné, ce qui ne s’annonce pas comme une partie de plaisir, ne serait-ce que pour finir une première fois la mission : pour remporter les médailles de bronze, d’argent ou d’or, en fonction de vos performances, c’est une autre paire de manche. Le jeu devient vite difficile, parfois un peu artificiellement, sans doute pour rallonger un minimum une durée de vie assez peu prometteuse. La mollesse des débuts fait vite place à du tir au canard, et le canard ici, c’est vous ! La plus grande difficulté reste l’identification de vos cibles. Sur terre ferme on finit toujours par se débrouiller, mais dans l’espace règne la confusion la plus totale. En clair : « mais qu’est-ce que j’dois péter ? » est la phrase qui revient le plus souvent à l’esprit. Il y a bien un ordinateur de visée qui identifie les cibles aussi bien primaires que secondaires, mais dans le feu de l’action, il n’est pas toujours évident à manier. On est souvent un peu perdu, on tourne parfois en rond… Un peu moins si le vocabulaire Star wars n’a aucun secret pour vous.

Les fans de Lucas seront sans doute aux anges : revivre la bataille de Hoth, d’Endor, la destruction de l’Etoile Noire est une expérience qui ne se loupe pas pour le membre monomaniaque de la secte Star wars qui se respecte. Hélas, l’aspect très dirigiste, trop scénarisé et souvent confus des missions empêche Rogue leader de mériter son appellation contrôlée de killer app’ de lancement.