PARTAGER
3
sur 5

Quand le troisième acte n’est plus qu’un souvenir déjà lointain, l’étape post game s’illustre souvent en périlleux révélateur des open world, le cul entre deux chaises, qui ne savent pas choisir entre narration directive et gameplay emergeant. C’est un moment précis, en dehors de l’histoire où l’essence du geste ludique vient balayer la cohérence un scénario trop bien ficelé pour ne pas être contrarié par ces quêtes annexes. A un point tel qu’on en vient à se demander si le genre précis du jeu de Zombie s’avère compatible avec la logique de la collectionnite et toutes ces heures de jeux supplémentaires gracieusement offertes sans frustrer le sentiment d’achèvement qu’impose la résolution d’une infection cannibale et mort vivante. Dead rising avait assez intelligemment contourné le problème par une vraie fin définitive, suivi d’un retour à la case départ au mépris, quand même, du sentiment d’appropriation et de conquête du territoire, lui préférant celui de renforcement continue des aptitudes du personnage.

A la grande surprise de ceux qui sont venus à bout des aventures de John Marston, Undead nightmare commence un peu avant le dernier acte de Red dead redemption comme un embranchement scénaristique alternatif. Loin de la foule amorphe de la licence de Capcom, les zombies qui ont envahis le beau bac à désert de Rockstar, se révèlent agressifs et célères. Et l’artillerie disponible à la hauteur du péril même si dans tous les cas, les assauts se règlent par un headshot où le Red Eye (le ralenti propre à la licence) prouve toute son utilité. Au rayon des nouveautés, la torche, principale arme de corps à corps ne bénéficie hélas pas d’un maniement très intuitif. Plus largement, Undead nightmare est l’occasion pour Rockstar de recycler avec plus ou moins de bonheur quelques idées vues et jouées dans des productions moins récentes. Le devoir de maintenir son territoire (cf. GTA : San Andreas) en stoppant les invasions zombies quand elles se déclarent dans tel ou tel lieux dits s’avère rapidement harassant. Le fastidieux nettoyage des cimetières prend les allures d’un mode « hordes » en forme de labyrinthe pac manien où l’on utilise la localisation de cercueils enflammés pour faire cramer les zombies dans le but d’économiser ses rares munitions. Autre choix bancal, la réutilisation somme toute assez gratuite et fan service des protagonistes de Red dead redemption et dont les apparitions se soldent le plus souvent (ô Spoiler !) par l’urgence d’une exécution sommaire.

Peut être attendions nous tout simplement trop de la convergence des empereurs de l’open world, de l’utilisation de leur terrain de jeu le plus flamboyant et du principe de l’invasion zombie. En l’état, Undead nightmare est un épisode sympathique traversé par quelques belles idées de gameplay et de mise en situation mais à mille lieux de la cohérence d’ensemble, de la puissance et de la noblesse crue du jeu original. En somme, un mariage de déraison, trop ambitieux, dans le mauvais contexte entre deux genres cinématographiques et deux genres de jeux. En plein désert, un rendez-vous manqué.