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2
sur 5

Le RPG nippon se cherche… Après avoir connu son âge d’or sur Super Nintendo –FF6, Chrono trigger, Secret of mana, rien que des hits-, après ses « dérives » cinématographiques sur PlayStation et le quasi-monopole de SquareSoft en la matière, on est curieux de savoir comment le RPG va négocier son passage sur les consoles 64/128 bits ? Pour l’heure, pas très bien, il faut bien l’admettre. Les premiers jeux sur Dreamcast étaient franchement catastrophiques -un Evolution de sinistre mémoire-, même si Grandia 2 et Skies of Arcadia devraient rapidement corriger le tir. On pouvait au moins espérer que la nouvelle machine de Sony, héritière d’un passif cyclopéen, proposerait dès sa sortie une cuvée honorable. Eh bien, même pas… Orphen est le premier RPG sur PS2, et l’on est bien à mille lieues du chef-d’oeuvre.

Pourtant, Orphen essaye tant bien que mal de se démarquer de la routine habituelle. Un peu trop, peut-être. Tant et si bien qu’on peut sérieusement se demander si c’est encore un RPG. Première grosse démarcation : les combats. Assez peu nombreux, ils se déroulent en temps réel et sont débarrassés des menus contextuels. Chaque action est affiliée à un bouton du pad : attaque à l’épée, projectiles, sorts élémentaires/invocation et enfin défense. Une approche définitivement orientée action, puisqu’il faut attaquer et se défendre au bon moment, ce qui demande un minimum de coordination et d’appréhension du comportement de l’adversaire. Original, certes, terriblement confus aussi lorsque les adversaires se démultiplient, à tel point que les concepteurs ont cru bon d’ajouter un mode entraînement : quasi obligatoire si vous ne voulez pas passer l’arme à gauche dès le premier affrontement.
Mais Orphen ne se contente pas de dépoussiérer nos bons vieux affrontements au tour par tour. Il va encore plus loin dans son entreprise de nettoyage par le vide. Exit les HP, les XP et autres caractéristiques. Votre personnage n’évolue quasiment pas, si ce n’est en trouvant de nouveaux sorts et en améliorant au fur et à mesure sa maîtrise des éléments. C’est tout. Minimum syndical donc question RPG. S’agissant du reste, on est plus proche de l’arcade que de l’aventure classique. Pour progresser dans Orphen, il faut sauter de plate-forme en plate-forme et éviter des pièges à la Tomb raider. Des haches-pendules, ou des boules de pierre à la Indiana Jones, vous voyez le genre. Pas d’énigmes, pas de dialogues avec des PNJ, pas d’exploration, ni de quêtes secondaires. En fait, Orphen n’a gardé que les défauts du genre. Une linéarité à pleurer et, surtout, des dialogues d’une niaiserie abyssale, et incessants, entre les protagonistes qui tournent généralement autour de « qui va flirter avec qui ? ».

On pourrait se consoler si les graphismes étaient à la hauteur. Il faudra repasser : où sont donc les 20 millions de polygones promis ? On croirait un « Grandia lissé » avec des décors d’une pauvreté affligeante pour une console de soi-disant nouvelle génération. Pas de claque visuelle, un gameplay discutable, un environnement sonore et musical minimaliste. Franchement, on se demande pourquoi Orphen est arrivé jusqu’à nos vertes contrées européennes alors qu’il a fallu faire l’impasse sur des pointures telles que Xenogears, ou Chrono Cross. Au final, mieux vaut faire l’impasse sur Orphen et attendre les premiers jeux Square. Reste à savoir vers quoi se tourner pour patienter et rentabiliser une console dont les débuts sont décidément bien fades.