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2
sur 5

Histoire de n’oublier personne, l’éditeur de Redmond réitère le pari insensé de réunir dans le même titre une simulation aérienne et un jeu d’action. Comprenez, les différentes versions de Flight simulator se limitent depuis bien longtemps à un public restreint de passionnés et d’aviateurs confirmés. Microsoft s’adresse aujourd’hui aux masses populaires qui en ont marre de planter pour la centième fois consécutive un bon gros Boeing 747 dans le World Trade Center. Et de leur donner par la même occasion un exutoire plus approprié à leur soif de destruction.

Dans la lignée du premier opus, Combat flight simulator 2 (CFS2) transporte le joueur au beau milieu de la Seconde Guerre mondiale. Ici, le classique champ de bataille européen laisse la place aux rencontres sanglantes du Pacifique Sud où Américains et Japonais jouent allègrement de la roquette et de la balle traçante. Après Nathan Zachary et sa bande de pirates déjantés dans Crimson skies, c’est au tour d’une jeune recrue d’un des deux camps de faire ses armes et de gagner quelques médailles au cours de deux longues campagnes solo. Les différents objectifs, sans grande originalité, sont tout de même assez exhaustifs pour introduire d’une manière efficace les divers événements historiques. Bombardements, combats aériens surboostés, largage de vivres et appontements, bref, toutes les actions possibles et imaginables sont à l’ordre du jour. Seule réelle innovation : les briefings et autres intertitres qui reprennent le style des bandes dessinées des années 40, genre Pin-up et compagnie. On l’aura compris, à trop vouloir se démarquer de l’aspect simulation, CFS2 tombe dans l’excès inverse, et sous couvert de nous faire goûter les affres du baptême du feu et des angoissantes questions existentielles du héros, crée un univers assez hétéroclite, bien peu adéquat finalement aux phases d’action.

Ultime précaution à prendre avant de s’envoyer en l’air, dents au vent et armes au poing, car CFS2 reste avant tout une simulation : démarrer le moteur et esquisser une première tentative de décollage. Ce qui prend au bas mot une bonne demi-heure, avant de comprendre où se trouve la clé de contact, comment se baissent les volets et de quelle manière on peut injecter un demi-litre d’huile dans le régime moteur. Et lorsqu’il s’agit d’atterrir sur un porte-avions pas plus gros qu’un timbre-poste… Si les eaux du Pacifique ne vous touchent qu’en carte postale, une option salvatrice offre la possibilité de régler à sa guise le réalisme global et de s’octroyer au passage une invincibilité bien méritée. Pas la peine d’étudier les effets de la gravité ou des poussées du moteur lors d’une attaque en piqué donc. Dans le même esprit, les phases d’atterrissage ou d’approche de l’ennemi sont configurables et peuvent disparaître au profit de rencontres musclées entre Corsair américains et Zero japonais.
La réalisation graphique, revue et corrigée pour l’occasion, s’avère de toute beauté. La modélisation des zincs, notamment, force le respect.

Malgré quelques fautes de goûts bien dommageables, CFS2 parvient à s’éloigner du monde aride et ennuyeux de la simulation pure et dure. Un vrai petit bijou qui ne demande qu’un ou deux téméraires prêts à passer le cap difficile de l’initiation.