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2
sur 5

Mortal kombat, vous vous rappelez ? C’était ce film avec un Christophe Lambert déguisé en Père Fouras. Eh bien, avant d’être ce chef-d’oeuvre du 7e Art, MK était un jeu vidéo qui acquit une certaine popularité dans les cours de récré grâce à son ultraviolence hémoglobinesque. Et vas-y que je te découpe en morceaux, que je te brûle vivant, que je te fourre des lombrics dans le slip ou que je te fais la tête à Stéphane Bern, rien que des trucs vraiment ignobles. Dans les milieux autorisés, on appelle ça des « fatalités », c’est LA trademark de MK, son originalité pour pas faire comme ses petits copains, les autre jeux de mandales. C’est aussi difficile à réaliser qu’inutile, mais c’est rigolo à regarder.
Ce quatrième tome (MK4) ne déroge pas à la règle mais introduit tout de même une petite nouveauté : la 3D. Là où le bât blesse, c’est que l’utilisation de cette technique est purement gratuite. MK4 reste un jeu de baston 2D, l’angle de vue ne change pratiquement jamais sauf pour l’entrée en matière et le KO. Il est certes possible d’exécuter deux ou trois pas chassés latéraux mais c’est tout de même bien maigre. Du coup le design est assez bâtard et plutôt de mauvais goût : couleurs criardes et sang rouge façon Fraise Tagada. Les personnages manquent de personnalité et de finesse, mais c’est un peu la loi de la série et les décors, sinistres, souffrent d’une carence de détails dramatique.
Les bruitages vous plongent bien dans l’ambiance, une voix d’outre-tombe agrémentant vos choix d’une mélodramatisation assez poignante. Le reste est du même tonneau, quoique parfois limite ridicule. Quant à la maniabilité, elle reste plutôt sommaire, laissant la vague impression d’incarner des tétraplégiques dopés à l’ecsta. Certes, pas vraiment besoin d’avoir 24 doigts pour lancer une boule de feu, mais la fluidité n’est pas au rendez-vous et les mouvements « classiques » manquent de naturel.
Ceci dit, on peut trouver un avantage à se maraver sur MK4 : on éprouve avec une certaine nostalgie les sensations passées devant Street fighter 2, une bonne poilade et des coups spéciaux pépères à réaliser. L’inconvénient : achetez Tekken 3, jouez-y et pleurez.