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2
sur 5

Loin des frasques idéalistes ridicules du nouveau millénaire, la triste réalité a repris ses droits. Dans un espace-temps figé, les concepteurs de jeux ressassent et recyclent les mêmes idées surannées, héritées des siècles passés et nous imaginent un avenir fade et gris. Enième simulation prétendue futuriste, Mag Force Racing donne dans la nausée la plus totale tant le manque de créativité et la sensation de déjà-vu prennent à la gorge.
A nouveau, le couple fétiche mélopées technoïdes / anticipation technologique coupe toute possibilité d’exploration d’un univers de toute manière déjà confiné. Bolides copiés/collés de Wipeout, kilomètres de spirales les plus tordues possibles sont autant d’ingrédients qui rendent le résultat encore plus indigeste. Le malaise, pesant, éclate. Dans un flash se rencontrent des hamsters monstrueux perdus dans leurs cages dans une agonie infinie, et un homme en haut d’une montagne poussant quelques rochers qui ont tôt fait de revenir vers lui. La malédiction est sur nous. Back to reality.

Seule innovation notable du jeu : la majorité des aspects qui ont fait le succès de ses nombreux prédécesseurs ne sont plus. Résultat d’un relifting radical et d’une épuration méticuleuse. Le gameplay s’en trouve certes ridiculement affiné, mais du coup l’effet lassitude est retardé. Dans un orange des plus flashy possibles, l’interface minimale techno peine à cacher le peu de consistance des quatre modes rebattus : arcade, contre la montre, multi-arcade, multi-classique. Même constat pour les véhicules : le design obligé tiré des derniers essais en soufflerie, les couleurs criardes et les noms confondants dressent la ligne de fuite à adopter. Idem en ce qui concerne la progression ludique : de manière logique et attendue, plusieurs classes et divisions définissent les missions du joueur. Remporter la totalité des courses vous donne accès à des bolides plus puissants, rapides et armés, ainsi qu’à des courses plus longues et tortueuses. En résumé, peu de choix, peu d’évolution.

Sur les pistes, la stase continue de proliférer et de se répliquer dans un processus fractal. Des beats techno hachés et convenus s’allient à des décors soi-disant porteurs d’exotisme et de rêve, le tout se confondant dans la vacuité la plus totale… Hawaii, Himalaya, etc., autant de circuits qui s’enchaînent et se ressemblent. C’est à peine si la potentialité de ramasser quelques bonus, de s’équiper en armes lourdes, et de détruire son adversaire élèvent le débat tant les effets graphiques sont chiches. La partie visuelle reste certes de bonne facture : des loopings savamment dosés, des caméras fluides accompagnent une bonne jouabilité. Hélas, le pire est à venir. Malgré une innovation inexistante, les courses se voient affublées d’un système de bonus d’énergie et de champ magnétique. Le joueur doit non seulement gérer les nombreux virages mais aussi récupérer le maximum de points de vitesse sous peine de voir son véhicule s’arrêter au milieu de la piste ou du moins avancer à une allure des plus ténues. Seul avantage de cet ajout pour le moins étrange, celui de limiter fortement les effets nauséeux de pistes tubulaires, mais qui finit de pénaliser un jeu déjà lourd en défauts.
Qu’on se le dise : la jouissance du joueur, froide et clinique, ne parviendra pas à terme. Seule issue, un Aka Seltzer bien dosé ou une aspirine dans une eau pure et fraîche auront raison d’un mal de tête pourtant tenace. There is no exit.