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3
sur 5

Alors que Coulthard vient tout juste de se poser avec quelques difficultés et une carlingue en moins sur l’aéroport de Nice et d’annoncer qu’il participerait bien au GP d’Espagne, le feu de départ est bien vert pour l’ouverture de la saison des simulations estampillées FIA, FFA, FOA, FAF… Electronic Arts qui vient de récupérer la licence (détenue auparavant par Psygnosis et son Formula one…) cherche, avec F1 2000, à définitivement asseoir sa suprématie sportive virtuelle. A quand le curling 2000 ?! Habillage luxueux pour produit fumeux (morceau de Placebo, vidéo de présentation quasi épique, commentaires express de Jean-Louis Moncet…) ? Heureusement, non. Avec ce jeu, au titre on ne peut plus banal et parlant, EA Sports est très loin d’avoir joué la facilité marketing en se contentant d’habiller son poulain des couleurs officielles de la fédération et de quelques effets de manche. Pour ceux qui enragent de ne pouvoir rejouer le championnat dans les conditions les plus réalistes possibles, le temps est enfin venu d’enterrer l’arcade pour connaître enfin les sensations les plus extrêmes. Pour profiter pleinement de F1 2000, il vous faudra, outre de la patience, de la méthode et de la rigueur relevant quasiment de la psychiatrie, une bonne dose de tendances suicidaires pour vous taper le championnat dans son intégralité. La F1 dans toute sa démesure humaine, financière, technique.

Dans un premier temps, le maniement ne posera problème qu’aux novices du « pouce-pointe ». Or, une fois les prémices de la course instantanée passés, il faut bien se lancer dans la cour des grands : soit le championnat du monde avec tous ses impondérables. Finie l’assistance au freinage ! Et pour peu que vous ayez un peu de fierté ludique, il faudra également vous passer de l’aide à la conduite (des flèches de différentes couleurs apparaissent sur le côté de l’écran lorsqu’un virage se présente à l’horizon), seules des traces vous indiquent discrètement la marche à suivre pour négocier correctement les virages. Bien trop de facilités pour prétendre dignement à la couronne mondiale ! Jean Alesi n’a qu’à bien se tenir, condamné qu’il est, à chaque nouveau grand prix, à abandonner pitoyablement au bout de quelques secondes. A croire que l’écurie Prost a fait quelques misères aux programmeurs… Après un début de week-end consacré aux essais et aux réglages maniaco-exhaustifs (choix des pneus, quantité d’essence, réglage des appuis, angle de braquage… avec consultation des prévisions météo obligatoire !), le bonheur d’entendre son moteur gronder avant le départ compense les heures écoulées dans des menus sans fin. Un son agressif à souhait rarement aussi bien reproduit en vérité.

Hélas, on ne peut pas en dire autant du reste : l’animation se fait parfois douloureusement hésitante comme sur certains ralentis surchargés de concurrents ou certaines caméras. Comme celle, primordiale, qui vous place au cœur de l’enfer mécanique : la vue interne… Dommage vraiment que sous ses airs léchés F1 2000 ne soit pas capable de tenir toutes ses promesses techniques, ce que d’autres assumeront probablement à sa place… Mais en attendant l’arrivée du messie mécanique, gageons que les accrocs se feront un devoir de vivre à l’avance sur console ou sur micro une saison qui promet quelques remous magnifiquement scénarisés.