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2
sur 5

Chevaliers & camelots est le rejeton de l’un des membres de l’équipe de développeurs de Settlers. En l’occurrence, Peter Ohlmann. Un gage de qualité ? Pas forcément et Chevaliers… nous le prouve on ne peut mieux. Dans son genre, ce jeu est d’une banalité effroyable. Pire, c’est truffé d’incohérences, quand ce n’est pas purement et simplement buggé (tel l’affichage des messages d’information ou d’avertissement, illisibles bien souvent).
Le principe est clair : chaque personnage et chaque bâtiment ont une fonction bien spécifique qui participe au développement du village et de sa populace. Les serfs, hommes de base, transportent la marchandise d’un endroit à l’autre, les maçons érigent les bâtiments, les routes, les champs de blé et les vignobles. Chaque structure nécessite son bonhomme : le boulanger dans le moulin ou le fournil, le paysan dans la ferme ou dans le vignoble, le tailleur de pierre dans la carrière, le charpentier dans la scierie ou dans l’atelier d’arme…
Un mode apprentissage nous indique la stratégie à suivre, mais tout ceci est assez évident (trop ?). Il faudra bien sûr commencer à construire une école pour former vos larbins, puis une auberge pour les nourrir. Pour renflouer les stocks de nourriture, vos hommes doivent produire du blé, qui produit la farine, qui fait le pain… bref, c’est le principe de la chaîne et s’il manque un chaînon, ça merdouille, ça couillasse, ça chie quoi !
Second aspect de Chevaliers…, la bataille. Vous n’êtes pas seul sur les terres. Le Royaume du Roi Ferdinand, dont vous êtes l’un des derniers fidèles représentants, est aujourd’hui divisé en une multitude de comtés. La défense du village et la conquête des territoires environnants passent par la création d’unités armées (seules les « recrues » s’engagent), auxquelles il faudra donner des armes et des armures, construites à partir des mêmes matières premières par les ateliers adéquats (bois, fer, cuir…).
Rapidement, c’est une fourmilière qu’il va falloir gérer. Chaque personnage est autonome et agit selon sa fonction. Malheureusement, ceux-ci ont parfois du mal à identifier les urgences et le fait que le joueur puisse définir les grandes priorités ne semble pas toujours influer sur leurs comportements. Si l’on ne peut pas agir directement sur l’un des villageois, il est possible en revanche de prendre en main le destin des troupes. Mais là aussi, ça cafouille : les soldats se gênent entre eux et ne respectent pas toujours les ordres donnés. Qu’en est-il de l’intelligence artificielle ? Par ailleurs, c’est excessivement lent. Dommage que les concepteurs n’aient pas prévu la possibilité d’accélérer le temps.
Enfin, les missions se suivent et se ressemblent méchamment. Certains jeux ne s’en tirent pas trop mal dans la durée de vie, en innovant et en poussant loin le détail (Caesar III, testé début novembre ici même), d’autres se contentent de peu et deviennent rapidement répétitifs, comme ce Chevalier & Camelots, bien ennuyeux finalement.
Reste les graphismes et les animations assez réussis puisque bien détaillés. Hélas, cela ne suffit pas à faire un bon jeu. Les amateurs patienteront donc jusqu’à la sortie, imminente paraît-il, de Settlers 3.