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Vous serez à Paris entre le 15 juillet et le 14 août 2000 ? Remettez à plus tard votre projet de (re)lecture de La Comédie humaine et prenez le chemin des écoliers.

Comme chaque année depuis 11 ans, Paris sera en fête. Ses jardins publics, ses places, ses cours et ses théâtres deviendront les lieux privilégiés d’un foisonnement artistique non stop. Les arts scéniques s’afficheront, les arts plastiques s’exposeront, les arts de la rue s’imposeront. Si vous aimez les rythmes chaloupés ou endiablés, si vous ne jurez que par la musique classique ou le jazz, vous serez gâtés pourris (en plus, les concerts donnés en plein air sont pour la plupart gratuits). Si vous préférez l’opéra, le cirque ou la danse, vous serez comblés. L’alternative est simple et n’exclut pas le cumul…

CONCERT

Le 15 juillet, Pierre Henry, considéré par beaucoup comme le plus grand compositeur de musique électroacoustique (genre auquel il se voue entièrement depuis 1950, date de la création de sa Symphonie pour un homme seul, composée avec Pierre Schaeffer), donnera le coup d’envoi de cette 11e édition de Paris Quartier d’Eté. Les sons, les bruits et les rythmes de sa dernière création, Tam Tam du Merveilleux, embraseront la façade du centre Georges-Pompidou et retentiront dans tout le quartier Beaubourg.
Le 15 juillet à 19h (gratuit)

Huit formations se succéderont dans l’écrin de la cour intérieure de l’Hôtel d’Albret dans le Marais (siège des affaires culturelles de la Ville de Paris), transformé en lieu de spectacle pour cette 6e édition du Festival de Jazz de l’été parisien (inclus dans P.Q.E.). Au programme : Mino Cinelu Quartet, Emmanuel Bex Trio, Jacques Vidal Quintet, Stefano di Battista Quintet, Jimmy Scott + quartet, Sylvain Beuf Quintet, Denys Lable, Alain Jean-Marie Trio, auquel le festival rendra cette année un hommage particulier.
Hôtel d’Albret
Du 24 au 31 juillet à 21h (100-120 F)
Renseignements : 01 45 08 55 25

DANSE

A partir du 18 juillet, Philippe Découflé présentera le troisième volet de sa parodie jubilatoire des arts de la piste, Triton 2ter. L’aventure « tritonale » a débuté au festival d’Avignon en 1990 et s’est poursuivie avec Triton et les petites tritures, en 1998. Depuis, le décor s’est étoffé, mais l’esprit demeure. Slalomant entre illusion et réalité, construction en abîme et images kaléidoscopiques, les réalisations Découflé & Complices Associés (D.C.A.) nous promènent entre spectacle vivant et cinéma, enregistrement différé et restitution directe, l’image et son reflet, leur reproduction grâce à des jeux d’écrans qui restituent, dévoilent, multiplient ou déforment ce que ce petit génie de la pluridisciplinarité et du syncrétisme des cultures a bien voulu nous montrer. A suivre prochainement sur Chronic’art.
Jardin des Tuileries
Du 18 juillet au 5 août à 22h (80-100 F)

On a vu Bianca Li dernièrement dans Zap ! Zap ! Zap ! au Théâtre national de Chaillot, on la retrouve dans Nana et Lila, son premier spectacle présenté au Festival d’Avignon en 1993. La turbulente et éclectique chorégraphe espagnole le définit comme « une réflexion en cinq petites pièces sur l’énergie et la transe, à travers une interprétation contemporaine du flamenco et des rituels Gnawa Halwa de Marrakech ». « En une heure de spectacle, Bianca Li relie la chorégraphie contemporaine, non seulement aux origines hispano-mauresques du flamenco, mais aussi aux sources rituelles de toute danse : un choc visuel, en même temps qu’un manifeste intellectuel », écrivait Bernadette Bost dans Le Monde lors de la création du spectacle.
Cour d’Orléans – Palais-Royal
Du 2 au 4 août à 22h (80-100 F)

CONTES

Paris Quartier d’Eté, c’est aussi depuis 6 ans Paris sur Paroles : des lectures ou des mises en espace de textes qui trouvent leur terre d’élection dans les lieux les plus insolites. On découvrira par exemple Le Livre perdu de Georges Perla aux objets trouvés (rue des Morillons) ; Exercices de style de Raymond Queneau, au dépôt de bus de la RATP ; Petits récits prêts à porter de Francine Vidal, dans les réserves des Galeries Lafayette…
Du 18 juillet au 5 août (50-70 F)

THEATRE MUSICAL

Le bel canto sera tout d’abord illustré par un opéra de Roberto de Simone, intitulé La Gatta Cenerentola. La personnalité artistique du maestro et son rapport au monde populaire, au théâtre et à la musique, sont depuis une vingtaine d’années le moteur d’un groupe d’artistes (Media Ateas Teatro) qui propose un genre musical qui part de la tradition classique, se mâtine de diverses formes musicales et aboutit à des rythmes de jazz et blues. L’action et le texte de cet opéra inspiré de Perrault ou de Grimm (avec quelques clins d’œil à Barbe-Bleue et à Peau d’Ane) suivent de très loin le canevas initial et incluent de nombreux éléments d’autres fables et mythes napolitains. Leur tonalité générale semble cependant infiniment plus érotique et ambiguë : fantasmagorie, travestissements, anachronismes, confusion des sexes (le chœur des femmes vêtues de noir et les rôles de la marâtre et de ses sept filles sont tenus par des hommes). A découvrir.
Cour d’Orléans – Palais-Royal
Du 20 au 22 juillet à 22h (80-100 F)

Suivra cette version « sambOpéra » de Carmen, repensée par Augusto Boal, créateur du Théâtre de L’Opprimé. Les mélodies de Bizet seront respectées mais adaptées aux rythmes brésiliens. Si l’on tient compte de la personnalité et du parcours de cet artiste marginal, on peut parier que la pluralité des cultures qui cohabitent dans l’œuvre de Mérimée ne lui aura pas échappé, et que les personnages vont retrouver la coloration que leur créateur leur avait donnée, avant que le filtre de la bienséance ne vienne les affadir.
Cour d’Orléans – Palais-Royal
Du 26 au 29 juillet à 22h (80-100 F)

Spectacle lyrique toujours avec la troupe de l’Opéra de taïwanais Hsin Chuan. Fondée en 1991 par Liao Chiung-Chich (une sommité dans son pays), la troupe, qui doit sa notoriété à sa fidélité à la tradition (tant pour les rôles masculins que féminins), est le creuset où s’épanouit une nouvelle génération de talents qui se consacrent à l’écriture, la direction, la recherche et la représentation d’opéras taïwanais contemporains. Elle se produira dans la cour des grands avec une œuvre intitulée La Vengeance de Gui-Ying. Le thème ? Un étudiant pauvre s’éprend d’une jeune prostituée bien sous tous rapports, lui jure un amour éternel, mais oublie son serment. Suicide de la belle, résurrection, vengeance. Tout est bien qui finit bien, puisque l’infidèle avait souhaité qu’une femme démon lui ôte la vie s’il venait à trahir son serment. Tradition et code d’honneur obligent…
Cour d’Orléans – Palais-Royal
Du 7 au 10 août à 22h (80-60 F)

Sélection :

Paris Quartier d’Eté
Renseignements : 01 44 94 98 00
Du 15 juillet au 14 août 2000
http://www.quartierdete.com