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sur 5

Nouvelle étape pour Maurice Barthélémy, qui a déjà tourné un documenteur tout moisi (Casablanca driver) et une comédie familiale faussement cool (Papa) dans laquelle il se prenait pour un cinéaste de Sundance. Low cost ressemble davantage à l’idée qu’on se faisait de lui : un Y a-t-il un pilote dans l’avion ? en v.f. à bord duquel embarquent sa femme Judith Godrèche, son copain Jean Paul Rouve et un vétéran de l’humour Canal de la grande époque (Darmon) que Les Robins des bois ont officiellement clôturé. Une version ultra discount du classique ZAZ, donc, dont Barthélémy, dans le dossier de presse, admet qu’il est bien un modèle à ce détail près : son film à lui n’est « pas burlesque ».

Que reste-il alors ? Un champ de ruines, où culminent des intentions mitées par l’amateurisme et l’indigence d’une mise en scène même pas en pilote automatique, mais en totale roue libre. Ce désastre, le récit s’en fait l’écho : l’avion reste des heures sur le tarmac puis décolle, pris en main par un vieux pilote hasardeux (Darmon, seule bonne idée du film) qui au lieu d’atterrir à bon port, échoue en plein désert, sur le territoire d’une bande de touaregs dégénérés. De la comédie sociologique franchouillarde du premier tiers (les touristes râleurs, la grève), le mouvement mène donc à une autre borne de l’horreur patrimoniale, un peu plus moderne : l’humour touristique néo-beauf mi-Paris-Dakar mi Boulet, où l’Afrique s’offre en gros terrain de jeu.

Pas de réels relents Banania dans cette deuxième étape (les Touaregs sont comme les touristes, des hologrammes de personnages décharnés), juste un point de non-retour dans l’impuissance à construire des plans, du mouvement et des personnages, matérialisé par une séquence d’humour horrifique où Rouve et les autres tentent d’expulser de l’avion un macchabée coincé dans une porte. Plutôt fluide sur le papier, la scène vire au cauchemar de mise en scène : les acteurs s’hystérisent, la caméra ne sait pas où se mettre, quoi filmer, enregistre à vue. Tout aussi mauvaise mais plus douce, la suite se teinte d’une sorte de consternation qui suppose que Barthélémy a renoncé depuis bien longtemps à jouer les grands pilotes du rire. Affligeant.