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© Les Éditions Réticulaires, 1997-2012
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Dans Moonrise kingdom, un jeune scout orphelin croise une petite fille riche et mélancolique et leurs coeurs battent d'un seul mouvement qui les conduit à fuguer dans une Americana de poche... Et c'est bien ? Hum, pas sûr. Comme chaque année, la team Chro est sur la Croisette, Cannes 2012 !
« Un homme, une femme, de l'air » : cette réplique d'un personnage de « The Day he arrives » pourrait résumer la direction actuelle du cinéma de Hong Sang-Soo, qui donne peu à peu l'impression de vider ses films de tout ce qui pourrait entraver ce trio magique...
Pour son deuxième album de folk primitif-baroque, « Feu la figure », le duo parisien Arlt mute animal (on est mal) et invente (tremblante) une nouvelle langue. Interview d'Eloïse et de Sing-Sing, avant tour de chant (d'oiseaux) au Café de la Danse à Paris mercredi 16 mai 2012.
L'imaginaire samuraï déculotté, et humilié sur la place publique : c'est a priori l'argument satirique de « Saya zamuraï », plus jusqu'au-boutiste dans cette veine qu'un « Zatoichi ». Mis à part l'héritage pitre et féroce de la scène comique japonaise (Matsumoto est un ancien trublion de la télé, comme Kitano), il y a d'ailleurs peu en commun entre les deux précieux bibelot...
Dans ce festival de torses et de nombrils mouillés que nous offre « Street dance 2 », on n'est pas ailleurs que dans la boulimie clipesque, constamment suspendus à l'attente de la danse qui arrive. C'est dans cette optique du « clip d'après » que le film se regarde et s'apprécie, et difficilement autrement.
Boui-boui, boucherie et bordel, on est aux trois dans « The Theatre bizarre », c'est la tournée des magasins, l'happy hour crapuleuse. Avec un tel programme, on se sent moins spectateur que visiteur, ou client.
Epouvante en bois sur fond d'achalandage vintage, de petite sociologie du kitsch, voilà donc le programme de « Dark shadows », qui renvoie directement au Burton des années 90 - et surtout à « Edward au mains d'argent », dont le film est une sorte de remake inversé.
« Chercher le garçon » est une amusante distraction, légère et complètement anodine. Réussie, mais dans le genre strict du sketch télévisuel. Sur la base des rencontres régulières, le film met en place une épure plutôt efficace, le dispositif (certes pas risqué) est implacable, les effets drolatiques garantis...
En fait de programme, les éditions Books proposent rien moins que « La Fin des punks à Helsinki » vue depuis l'ex-Allemagne de l'Est par un auteur tchèque. Jaroslav Rudis, avec un parcours éclectique, n'y va pas par quatre chemins et offre à la Tchéquie un nouvel écrivain à succès, très loin de la référence tchèque traditionnelle d'un Milan Kundera.
C'est à l'évidence le même Caouette que l'on retrouve huit ans plus tard, après l'émouvant « Tarnation », embarqué dans un road-movie avec sa mère psychotique, sujet-fardeau de son oeuvre. Hélas, « Walk away Renée » s'affiche plus comme un appendice, dont la nécessité ne saute pas franchement aux yeux.
Si « Gears of war » ou « Left 4 dead » faisaient accéder à des moments de pure panique, ou au plaisir de se jouer des espaces et trouver des cachettes pour surprendre l'adversaire au fil d'une action fluide et frénétique, « Operation Raccoon city », qui voit « Résident evil » virer au TPS, ne parvient jamais à transcender selon cette optique le bestiaire ou l'environnement de la série.
Près de dix ans après son troisième volet, la saga en pantacourt du tournant 90/2000 foule les plates-bandes de nos Klapisch ou Esposito, faisant sien le crédo des accolades nostalgiques entre vieux copains de lycée, partis fouiller leurs souvenirs le temps d'un week-end couillu...
Attention, la cabane du titre n'a rien du « Rubik's cube« de l'horreur que l'affiche laisse attendre, pas d'aberration à la Escher, de labyrinthe en planches : c'est un simple décor à la dérive, poussé au hasard des brises tournantes du scénario...
Le point de départ du projet du Suédois Joel Danell est une collection de cassettes et de bandes magnétiques des années 1950 et 1960, héritées de ses parents. Pendant trois ans, il a enregistré sur ces bandes, ajoutant à leur souffle originel des couches de nouveaux sons et de nouveaux instruments, arrangeant et harmonisant le passé, le grattant, le rayant, le triturant...
Révélé il y a douze ans avec « Contrôle d'identité », Christian Petzold, dont le nouveau film, « Barbara », sort en salles, fait partie des aînés et des plus doués de cette génération de cinéastes dits de « l'école berlinoise », qui ont placé haut la barre du cinéma allemand. Chronique du film + entretien avec le réalisateur.
Petit chef-d'oeuvre méconnu de l'action-RPG japonais, la saga « Yakuza » n'a jamais cachée son goût pour le recyclage sans qu'on trouve pourtant à redire. Mais c'était jusqu'à l'arrivée de ce nouveau spin off, « Dead souls », variation zombie aussi inutile et ratée qu'hors sujet. En attendant la résurrection, ça fait de la peine.
Blexbolex, illustrateur et sérigraphe qui a voulu faire son Tintin dans une direction diamétralement opposée à celle qu'Hergé a prise, est obsédé par l'objet livre et les couleurs. Avec « Crimechien » et « Hors-zone », il s'offre des traversées hallucinées au coeur d'un monde qui s'effondre. Ca valait bien un entretien.
Pour les fans, ce n'est pas le moindre des cadeaux : un panier garni de super-héros, tressé du plastique dont on fait les figurines et les rêves des petits garçons, et déposé pour eux comme une récompense au bout du chemin où, d'un blockbuster l'autre se précisait leur fantasme d'une pareille apothéose.
« Tyrannosaur » (multi-récompensé en Angleterre) raconte, donc, une poignante histoire de rédemption dans une banlieue de Glasgow. Un film coup de poing, mais littéralement, puisqu'on y distribue les coups avec le timing d'une battle de « Mortal kombat ».
« Binary domain », nouveau jeu Sega conçu par l'équipe de « Yakuza » aujourd'hui passée au TPS futuriste entre deux épisodes de sa licence phare propose une intrigue, et surtout des références inavouées mais translucides qui, de Philip K Dick à Isaac Asimov, réveillent ces vieilles questions boostées par l'humanisme d'après guerre.
A vieux chats, vieilles litières : tout le film se roule en boule, macère dans son jus, somnole sur ses histoires familiales faisandées et ses à peine distrayants crêpages de chignons. On s'accroche à l'espoir de voir le drame survenir, et, malheur, c'est quand il advient qu'on touche le fond...
Fut un temps où tout le monde ou presque, pratiquait la musique, chantait, savait jouer, même modestement, d'un instrument. C'était avant l'enregistrement, avant la reproduction mécanisée de la musique, quand celle-ci était encore, nécessairement, vivante. Chassol est des ces artistes qui rendent vie à la musique, qui lui restituent son caractère ludique, qui la mettent à portée de tout un chacun.
On a vu souvent Europacorp chasser sur les terres de genres très codés, très datés, pour en ramener des trophées plus ou moins glorieux. Manquait encore l'opus inspiré qui ose empoigner ses références avec ludisme, sans posture second degré de petit malin. C'est le cas de « Lock out ».
Ce n'est que son deuxième long métrage, et pourtant « L'Enfant d'en haut » marque déjà cruellement les limites du cinéma d'Ursula Meier. Celles d'un système dramaturgique, qui pouvait séduire partiellement dans « Home », et qui consiste à couper le récit en deux parties bien repérables.
Pleine de personnages vertueux et d'enfants choupinous promis à la récompense d'un happy end extatique, nappée à la louche de musique lacrymale de stade, la recette 100% positive de ce cupcake sentimental est fortement déconseillée aux diabétiques. Dommage pour eux, ils passeront à côté d'un beau film, d'autant plus émouvant que son extrême sentimentalité ne s'avance pas masquée.
« L'Amour et rien d'autre » se présente ainsi comme sur une sorte de variation féminine sur « Vertigo », mais un « Vertigo » dont on aurait tordu le scénario de hantise pour redistribuer la morbidité (aimer un mort à travers un vivant) en vitalité (poursuivre ses projets, voir l'amour comme une série de passages de relais).
Cas rare dans notre pays, le label Skylax s'est donné comme objectif de sortir de la musique de qualité, exclusivement en vinyle, et de créer une image et une direction artistique forte à l'image de son fondateur Hardrock Striker. Dj Sprinkles, Snuff Crew, Jungle Wonz, Mr Fingers, Simoncino, Nicholas ont tous en commun d'avoir signé des disques dans ce refuge contre le mauvais goût.
Rinaldi apparaît deux fois au milieu de la fête, mais derrière les platines, son visage concentré sur le prochain morceau à passer. Signature un peu superflue, tant « Cap Nord » est envahi par ses goûts : visages aimés de ses amis, romans qu'elle lit, musique qu'elle collectionne, passion pour la comédie musicale qui est l'origine et l'horizon du film.
Du 22 mars au 1er avril 2012 s'est tenue la 34e édition de Cinéma du Réel, indispensable festival de cinéma documentaire auquel « Chronic'art », comme tous les ans, était convié. Compte-rendu.
Essayer de rebâtir « Silent Hill » c'est se balader sans GPS ni boussole, cartographe de l'impossible, culpabilisé par un héritage initial génial et moralement obligé à relever le niveau d'une succession fin de race. Pour le pire mais quand même surtout le meilleur, Vatra a choisit un chemin de traverse. Engouffrons-nous dans leurs pas.
Auteur prolixe, Dermot Bolger est indissociable du renouveau de la littérature irlandaise, aux côté d'un Roddy Doyle ou d'un Joseph O'Connor. Publié pour la première fois en 1994, révisé en 2010, « A Second life » reprend des thématiques qui lui sont familières : construction de l'identité et absence de la mère.
Helena, jeune femme au foyer dont le mari vient d'être licencié, décide de monter son affaire : elle ouvre une supérette et engage une nurse qui vient prendre la relève à la maison. « Trabalhar cansa » vit au rythme de ces rapports hiérarchiques et conjugaux sans cesse menacés d'implosion par les exigences économiques.
Grâce à la jeune romancière Rebecca Hunt, voici Winston Churchill propulsé au rang de héros de roman. « Une Humeur de chien » raconte ses derniers jours au Parlement, en juillet 1964 ; à 89 ans, l'ex-Premier Ministre s'apprête à tirer sa révérence et à quitter son siège...
On ne va pas se moquer : c'est très précisément de son absurdité profonde que « Battleship » tire l'essentiel de son intérêt. Otez-lui sa dimension ludique, cette espèce de premier degré et demi, et le bidule de Peter Berg coule corps et âme, entraîné vers le fond comme n'importe quel blockbuster pachydermique...
Depuis vingt ans, quelques crises financières se sont succédées, et « Syndicate » revient, plus sentencieux que jamais. Finis les contes SF, l'imagerie cyberpunk et ses rues crapoteuses aux néons violacés, place aux architectures aériennes et aseptisées, aux bains de lumière et « lens flare » des nouvelles Metropolis.
« Nana », c'est l'histoire d'une grosse machine sociale, agricole, naturaliste, et d'une toute petite chose vivante déchiquetée par cette machine. La chose vivante est une fillette de 4 ans. Autour d'elle, un tableau paysan glauquissime : du sang qui gicle d'un cochon qu'on égorge, des champs nus, de la lumière froide, un labeur incessant et surtout, une mère terrible, inclémente et brutale...
Eternelle jeunesse de Coppola. Après l'éblouissant « Tetro », le maître revient avec « Twixt », et, plus que jamais, ose tout. Mais pas n'importe quoi : dans le laboratoire délirant où il s'est retranché depuis trois films, et d'où il tire ici une formule aussi géniale qu'incongrue, se continue le trajet limpide d'une inspiration qui n'a jamais dévié de sa route.
Une bonne comédie musicale pour comités d'entreprise montée par un Tellier encore plus cramé qu'Obispo ? Le projet aurait pu faire rêver... Coup de maître : sortir, avec l'appui de toute l'artillerie médiatique et les dithyrambes de Radio France, un produit fou dont l'indomptable intensité sauvage surpasse celle de ces vieux CD d'obscurs opéra-rock canadiens raclant les trottoirs les jours de brocante.
Véritable outil de propagande du free fight ou du « mixed martial arts », « UFC undisputed 3 » se résume à un éloge flamboyant de l'idéal progressiste du sport, utopie que le gamer épousera sans peine.
Comment l'onanisme d'un chihuahua devient-il le clou humoristique d'un film d'Alain Chabat ? On barbotte bel et bien dans le premier degré d'une gaudriole franchouillarde dont Chabat, en d'autres temps, avait pu représenter l'antidote, et à laquelle il semble s'accrocher ici comme à une bouée de sauvetage...
Bien qu'assez anodins, les deux premiers « REC » se dotaient d'un dispositif ludique et suffisamment cache-misère pour camoufler l'indigence Z de leur scénario, entaché de bondieuseries fumeuses et autres breloques satanistes. Surprise, donc, de voir la série de Balaguero / Plaza opérer, avec ce troisième épisode, un rétropédalage total face à son concept...
C'est ce qu'on appelle réussir son entrée dans le monde des lettres. A 39 ans, Paolo Bacigalupi livre avec « La Fille automate » un premier roman qui a déjà raflé les principaux prix SF outre-Atlantique (Hugo, Nebula, Locus) et a l'étoffe d'un futur classique.
Voir « Low life », c'est jeter un oeil et une oreille dans le nid de vampires dandys, de goules coquettes qui se lèvent la nuit, dorment le jour, et se mordillent entre eux. C'est également voir, dans les squats, des réminiscences vaudou, de la sorcellerie, des zombies pétrifiés au contact desquels le film s'irise de nouveaux reflets horrifiques.
Adepte des incongruités cinématographiques et des happenings absurdes, Benoit Forgeard, dont le film « Réussir sa vie » sort en salles, a d'ores et déjà gagné ses galons d'artiste culte. Derrière la moustache et la loufoquerie dandy se cache au demeurant un grand mélancolique, cheminant avec une nonchalance salutaire sur les sentiers de traverse du cinéma français. Chronique + entretien.
Adapté du récit autobiographique de Colin Clarke, « My week with Marilyn » raconte, en même temps que les coulisses du tournage, la brève mais poignante rencontre entre un jeune garçon prometteur (Eddie Redmayne) et « la plus grande star de tous les temps »...
Souvenez-vous, elle faisait la une de « Chronic'art #75 » (L'Apocalypse). Audrey Vernon est au Théâtre du Gymnase à Paris où elle présente son one woman show économique, à travers lequel elle nous parle du CAC 40, du Kazakhstan et de la liste de « Forbes »... La liste de « Forbes » 2012, justement, vient d'être publiée : alors on en a profité pour lui demander de nous la commenter.
Partant de l'idée (pas si bête sur le papier) de capitaliser sur l'aspect réseau social induit par le online de cette génération de machine, ce « SSX » aux allures de reboot défait le bel héritage de « SSX 3 » et emmène la licence vers des pistes noires d'ennuis.
« Recreation » tempère un peu la formule si forte de Papier Tigre, pas en la rééquilibrant mais en la réchauffant un peu, en la polissant aussi. Leur disque le plus abouti ? Chronique de Recreation + entretien avec Pierre-Antoine Parois - ne surtout pas manquer, aussi, le live du groupe le 7 avril 2012 au Point Ephémère (avec Chausse Trappe et RM Hubbert).
Tout ce qui pourrait venir bouleverser l'ordre établi est ici réduit à une névrose geek, à régler seul, avec le moins de débordements possible. Que sont les trentenaires aujourd'hui ? Selon Jason Reitman, des parents ou des geeks, vie rangée, vie dissolue, hermétiquement divisés. C'est beaucoup mais c'est pas c'est aussi grand chose...
« La Vida util » fait d'emblée le portrait d'une cinéphilie inquiète, et du cinéma comme un monument à l'agonie, hanté par des visages et des histoires qui n'intéressent plus personne. Il procède pourtant moins de l'hommage romantique à la cinéphilie que d'une suite de sophismes plus éloignés du cinéma qu'il n'y paraît.
L'apocalypse, encore et encore. En la matière, « Perfect sense » fait remonter le souvenir, pourtant dispensable, du « Blindness » de Mereilles, et réussit à faire pire. Même pente auteurisante suivie avec un lyrisme identiquement pompier et, surtout, pitch quasi-identique...
Le catalogue de l'exposition collective Quintet et le livre Leporello avaient un peu pallié l'étrange disparition de l'auteur néerlandais des librairies, et l'on ne peut aujourd'hui que saluer la parution de « Total Swarte » - à un prix malheureusement élevé vu son format réduit... mais ce petit livre noir préfacé par Chris Ware, vaut le coup d'oeil.
Sans tomber dans la leçon morale à échelle nationale, Nadav Lapid flirte, dans un climax emprunté à la tragédie classique, avec un pessimisme sentencieux. Lequel est d'autant plus surprenant que son film n'incrimine pas une instance en particulier, préférant très justement soutenir que le véritable ennemi est toujours invisible...
La Playstation Vita tranquillement posée sur la cheminée, on est passé à autre chose, faute de jeu ; et c'est parti pour durer, vu le planning désertique ces prochains mois. Du coup, on peut prendre du recul sur le line up, et dire que seuls les jeux ambassadeurs sortent leur épingle du jeu : « Wipeout », déjà évoqué ici, et cet « Uncharted golden abyss »...
« Bellflower » est un drôle d'objet, dont la séduisante étrangeté n'est pas exactement, et c'est tant mieux, celle annoncée par le costume de film culte dont l'habille d'emblée sa petite légende. Certes, le film est bourrée d'afféteries assez pénibles, mais le traitement étonnant de son apocalypse sentimentale vaut nettement le coup d'oeil.
« L'Oncle Charles » fait figure de nouvelle station dans un lent chemin de croix décliné en pente douce et anisettes. La France de Chatiliez, partagée entre bourgeoisie pépère et peuple malicieux y demeure un doux pays tapissé de pâturages, mené par un capitalisme familial où l'argent n'est jamais que le révélateur de nos petites veuleries.
Vu la relative bonne surprise qu'était « Au fond des bois », on espérait du Jacquot nouveau une qualité au moins supérieure à « Villa Amalia », à ce jour son ratage terminal. De justesse, « Les Adieux à la reine » échappe bien au désastre, sans pour autant satisfaire tout à fait ces sobres espoirs.
On se renifle beaucoup dans « Target », et il n'est pas interdit d'y voir plus qu'un hasard : le film entier ressemble à une pub Axe géante. Même charte visuelle (le film est d'une laideur inouïe), et surtout, même morale, venue simplifier les complexes négociations sentimentales de la comédie romantique par l'écoute des sens et le retour à l'instinct.
Douze ans après le coup de tonnerre « Baise-moi », Despentes met de l'eau dans sa bière et revient au cinéma par une porte plus mainstream, sur l'air de : « Qu'avons-nous fait de nos vingt ans ? ». De l'épatant « Baise-moi » à ce gentil téléfilm, la dégringolade est facile à identifier...
Deux musiciennes françaises, plutôt versées dans l'électronique, affinant et singularisant leurs styles (le style, c'est la femme) sur deux nouveaux albums tous chauds tous beaux. EDH et Sir Alice, on les aime bien, alors on en parle.
En 2041, Alex revient dans la petite ville de montagne où, dix ans plus tôt, il a travaillé comme chercheur en robotique, et vécu une histoire avec Lana, depuis en couple avec son frère David... Sur la question du regard, et plus précisément du désir, le film s'arrête malheureusement en cours de route, sans presque jamais oser s'engouffrer dans la brèche qu'il s'est patiemment ouverte.
A rebours de cette modernité ludique indulgente jusqu'au paternalisme qu'il a pourtant contribué à forger, Ubisoft amène contre toutes attentes le joueur au coeur d'une expérience de survie crépusculaire, dérangeante et sans compromis. « I am alive » oui, mais pour combien de temps ?
Quoi de neuf au pays de « SoulCalibur » ? Leader sans concurrence du versus fighting à arme blanche, le jeu de Namco n'enthousiasme plus beaucoup les foules. C'est vrai qu'on s'est un peu lassé de ces duels, à force. Quid de ce cinquième épisode ?
Disponible, concentré, Cristi Puiu revient dans un français parfait sur les convictions qui fondent son cinéma, mais aussi sur les doutes qui l'animent. Ou comment, à travers une entreprise d'investigation spéculative sur le monde, faire de la caméra l'instrument d'une rigoureuse dissipation de nos illusions... Chronique + entretien.
[20.04.12]