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© Les Éditions Réticulaires, 1997-2007
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Lutz Bassmann, aka Antoine Volodine, prolonge le dispositif post-exotique déjà en place : celui d'une littérature marginale, collective, cryptée, qui se déploie à travers de nombreux genres et se réclame de multiples auteurs, narrateurs et sur-narrateurs.
Sur le papier, "Jackpot" a tout pour exciter. Mais sur l'écran, hormis la prestation de Cameron Diaz, tout le reste est raté et manque cruellement d'imagination.
Premier film du comédien Stuart Townsend, qui reconstitue quatre jours de manifs à travers un film choral gentil. "Bataille à Seattle" est d'une platitude bornée, dépourvu de la moindre aspérité.
Avec ce "New wanted", publié par les Editions Matières, Laurent Cilluffo franchit une étape dans sa démarche radicale, un peu à la manière d'un Jochen Gerner avec "TNT en Amérique".
Juste un honnête savoir-faire technique. Pour le reste, pas une once de passion, rien que du remplissage, tout concourant à faire du film une gentille vitrine commerciale de l'animation teutonne.
A contre-courant de la plupart des films de campus, le film montre des adolescents qui ne veulent pas perdre leur virginité. Plutôt sobre et respectueux au départ, de plus en plus parodique et grotesque par la suite, hélas.
A la demande du Festival Pocket Films, Joseph Morder a réalisé son film avec un téléphone portable. Ce qu'il en ressort ? Une existence désertée, un monde vide, des hommes tristes, une vie de cité désenchantée...
Une sorte d'ode malade au "sandbox game". Plus accessible et concentré que l'épopée du clan Smith ("Killer7"), "No more heroes" n'en constitue pas moins une nouvelle réflexion puissante sur les codes du jeu vidéo.
"Wonderful town" est de ces films du Sud-Est asiatique qui, non contents de rafler des prix un peu partout, sont parvenus à déplacer le pôle d'attraction du cinéma asiatique des satellites chinois (Hong Kong, Taïwan) vers la région des tropicales maladies.
"Rise above" confirme le meilleur espoir du rock indé américain. Entre funk blanc, folk folle et afro magique, les Dirty Projectors de David Longstreth nous donnent des visions. Où est le futur ? Il passe par Paris cette semaine, en concert au Nouveau Casino.
- Salut / Salut... / Ça va ? / Mouais... / Quoi ? / Je ne sais pas... / Mais dis ! / Mais je ne sais pas quoi dire... / Bah dis comme ça vient ! / Pff, je ne te sens plus... / Ah, / Oui / Bon / J'en ai marre... pas nous, "L'Ere de rien", encore, allez.
Peu audacieux mais confortablement installé entre le pôle psy (le "Hulk" de Ang Lee) et celui de l'entertainment pur ("Les 4 fantastiques"). Avec un Robert Downey Jr qui poursuit sa "rehab" hollywoodienne avec une classe épatante.
"Chut", c'est le dernier mot prononcé par la mère du narrateur avant que la porte du cagibi ne se referme, le laissant seul à survivre, unique résidu d'une famille raflée en juillet 1942. C'est aussi un excellent roman de Raymond Federman.
Ce n'est pas faire injure à Bonitzer que de dire que ce brillant théoricien du cinéma a jusqu'à présent du mal à trouver "son" cinéma, une identité forte, un tempérament. La preuve, encore une fois, avec son dernier film.
Le premier film de Jan Bonny aborde un sujet peu commun au cinéma, la violence conjugale, et le renverse : c'est l'homme qui est battu, pas la femme. Sans voyeurisme, ni excès.
Un peu à part dans l'oeuvre de l'auteur, ces récits rédigés entre 1946 et 1955 sont l'occasion pour ce grand contempteur des conformismes intellectuels de toute une tradition allemande de revenir sur une période trop souvent mythifiée.
Le canadien aux origines écossaises, irlandaises et indiennes met toutes les cultures à l'honneur dans "Là-haut vers le nord", recueil de nouvelles passé un peu inaperçu.
Porté par ses dialogues aiguisés, son rythme suave et son art très sûr de la nuance douce amère, "Ciao Stefano" pourrait évoquer, le temps de quelques fulgurances, une sorte de revival nonchalant et revu à la sauce Woody Allen de l'âge d'or de la comédie italienne.
Par son usage absolument normalisé de la HD, par son souci d'épouser une temporalité urbaine en rupture complète avec les "films de calebasse", le film de Cheick Fantamady Camara agit comme un appel d'air.
Dix ans, quelques vieilles machines et un peu de poussière auront été nécessaires à Portishead pour livrer "Third". Bijou marécageux, le nouveau disque du trio anglais est déjà un des disques de l'année.
Je m'appelle François, mais les gens m'appellent Franck. Fondamentalement, personne ne m'a jamais forcé à porter ce surnom débile, mais vous savez, les surnoms, les diminutifs, les pseudonymes, tout ça, "L'Ere de rien".
Par ses longs plans-séquences rivés au quotidien désolé de la banlieue madrilène, "La Influencia" semble d'abord s'inscrire dans la lignée d'un cinéma d'auteur dont on n'est pas très fan en ces pages. Et pourtant...
"Jeu de dupes" est, de toute la jeune filmographie du cinéaste George Clooney, le titre sans doute le plus insignifiant, le moins ambitieux, le premier immédiatement oubliable.
Tout le monde a déjà écouté, tout le monde écoute encore "Oracular spectacular". Alors le journaliste écoute et entend Marc Bolan susurrer avec la plastique pupute des Raveonettes tous ses rêves de rock star : Claque, MGMT vient d'entrer dans sa vie.
Qu'attendre d'un film de Volker Schlöndorff en 2008 sinon un petit tour de piste de vieux lion du cinoche international, son pain quotidien depuis vingt ans.
Suite de l'actu Lennon, toujours pas fameuse, après le doc anémique sorti en salles la semaine dernière. Et passage, à 180°, de l'autre côté du gun, puisqu'il s'agit ici de dresser un portrait de Mark Chapman.
Dix ans plus tard, Haneke remet le couvert à Hollywood. Mise en abîme, la partie infernale continue sur le mode "repeat" mais perd son ressort principal, l'effet première fois de la version originale autrichienne.
Dans "Yumurta", la nostalgie du pays natal et l'attrait exercé par un paysage immense sur un personnage mélancolique rappellent à certains moments les films de Ceylan.
Après avoir enchaîné les films-boulets sur des sectes mangeuses d'enfants, le surestimé Jaume Balaguero sort enfin, avec "Rec", un bon film de sa casquette de sympathique faiseur. Quasiment le pendant ibérique de "Blair Witch" et "The Descent".
Après la semi-réussite du projet "A l'ombre des tours mortes" et en attendant "MetaMaus", voici "Breakdowns", réflexion d'Art Spiegelman sur l'oeuvre maîtresse d'une vie et peut-être d'un genre tout entier.
Chronic'art #45 (mai 2008) en kiosque Xiu Xiu au Point Ephémère Kling Klang à Mains d'Oeuvres Beppe Loda au Nouveau Casino
[09.05.08]