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4
sur 5

Sûr que vous vous demanderez à quoi bon guetter pendant des années les sorties des Tindersticks pour collecter chacun de leurs singles, rassembler chacune de leurs chansons inédites ou versions différentes des albums si c’est pour nous sortir une compile ! Mais comme vous le savez, il y a compile et compile. La mode étant aux compiles à achat obligatoire en raison d’un inédit (Depeche Mode ou U2), les Tindersticks ont jugé que leur oeuvre valait autant sinon mieux que celle des grands et ils nous ont ici rassemblé la quasi totalité de leurs faces B qui ont la qualité et le label Tindersticks.
Des orchestrations à tomber par terre : cordes avant tout, guitares de cow-boys ensuite (Her, la seule version originale du disque), cuivres adoucis par les sourdines, clavier (piano ou orgue Hammond) joué en arpège (Plus de liaison), le tout en union parfaite avec la voix d’outre-tombe de Stuart Staples (elle-même mariée à celle de Carla, chanteuse des Walkabouts sur Travelling light ou celle exceptionnellement chantée d’Isabella Rosselini sur A marriage made in heaven).
A l’instar de tous ces groupes à excellente culture musicale, les Tindersticks nous offrent deux reprises dont sans aucun doute la plus belle cover d’une chanson d’Otis Redding (I’ve been loving you, ce qui élargira leur public vers les soul-men and soul-women), une des plus belles copies de soul seventies après Lampshop (Bathtime et A marriage made in heaven) et deux des plus belles adaptations en français depuis Michele des Fab Four, à savoir Plus de liaison / No more affairs et Tiny tears (Des petites gouttes d’eau) du second album.
Que vos oreilles soient chatouillées par les violons, les voix de crooner (Nick Cave, Jay Jay Johanson, Perry Blake, etc.) ou les chansons de facture classique, vous vous devez au moins d’écouter ce Donkeys 92-97, a collection of singles, rareties, unreleased recordings. Après seulement trois albums studio et un merveilleux live avec orchestre, Stuart Staples et ses lads réjouiront vos nuits de sensualité.