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Le dernier pari du sublime compositeur et pianiste zaïrois Ray Lema. Un rêve éveillé pour une ballade en eaux calmes avec un orchestre de musique de chambre… Après un retour sur lui-même, subtilement signalé par deux excellents albums solo d’une sincérité et d’une pureté étourdissantes, l’alchimiste du son revient à ses amours passionnelles: les échanges expérimentaux, légèrement sous-tendus par la quête d’une musique la plus parfaite possible, qui annoncerait l’arrivée du troisième millénaire. Autrement dit, l’un des artistes africains les plus ouverts, sinon le plus éclectique, s’élance à nouveau dans la prise de risque, en dehors de son univers prétendu habituel. Après ses récentes et différentes rencontres avec les voix bulgares, le Ki-Yi Mbock et le pianiste de jazz Joaquim Khün (pour ne citer que ceux-là), on pouvait sans risque aucun lui faire confiance. Sa collaboration avec le Sundsvall Chamber Orchestra (considéré comme l’un des plus beaux fleurons de la Suède actuelle) ne pouvait être qu’une réussite…
Car Ray Lema, comme d’habitude, sait mieux que personne écouter, séduire et se mouvoir pour mieux coller à l’imaginaire de ses interlocuteurs, sans trop se renier. Dans Green light, il disait que « la quête de l’autre ne s’arrête que si les Esprits s’emboîtent ». Des qualités qui le maintiennent toujours dans un sentiment d’authenticité cent fois renouvelé et qui le mènent probablement vers le génie de la composition. Le rêve d’une gazelle… est une énorme bouffée d’air dont on vous reparlera dans les jours qui viennent. Un album d’une dizaine de titres, enregistré entre Paris et Sunsdvall, peaufiné avec la complicité d’un certain nombre d’allumés, dont le génial chef d’orchestre Jan Risberg n’est pas le moindre. The dream of the Gazelle est le songe contemporain d’une nuit d’Afrique portée sur la scène du Nord de l’Europe. Un bonheur symphonique total… La sortie annoncée pour début novembre.