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4
sur 5

S’il en fallait encore une, cet album serait l’énième preuve enregistrée de l’extrême vivacité du jazz italien, dont nous arrivent chaque mois ou presque nouvelles perles et nouveaux noms. Ce 7+8, enregistré en décembre 1999, permettra la (re)découverte, sinon la confirmation, des talents et de l’énergie du saxophoniste Maurizio Giammarco en même temps que celle du pianiste Phil Markowitz, fin compositeur, connaisseur érudit d’un art qu’il maîtrise en outre à la perfection sur son instrument. Duo qui ne peut donc assurément prendre place qu’aux sommets, ceux d’un jazz à la vivacité et à l’entrain irrésistibles, où le goût des pièges ou accidents et l’humour complice qu’on ressent tangiblement n’empêchent en rien le drame et l’émotion, tout trouvant naturellement sa place au cours de ces neuf plages de liberté et de savoir-faire où l’on puisera plus d’un motif de plaisir. Celui des compositions (tout particulièrement celles de Markowitz, soit près de la moitié du disque, à commencer par le superbe « Semisphere » en ouverture) bien sûr ; celui de l’interprétation et de la musicalité généreuse et extravertie de Giammarco, ensuite ; celle, également, d’une rythmique à la hauteur de la rencontre qu’il s’agit de propulser et stimuler : Piero Leveratto (contrebasse) et Fabrizio Sferra (batterie), dont le nom dira sans doute quelque chose aux inconditionnels du pianiste romain Enrico Pieranunzi, se montrent tous deux, par leur maîtrise comme par leur sens de l’écoute et la pertinence de leurs accents et interventions, les partenaires idéaux de cette paire d’as impériaux. Libre, audacieux, ludique, tonique, puissant et subtil : un quartet qu’on ne peut décidément qu’espérer retrouver bientôt.