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3
sur 5

En 1983, alors que le punk commence à s’essouffler et que Depeche Mode fait danser la terre entière, deux allemands déjantés, Sasha Konietzko et En-Esch, créent KMFDM, mutant sonique empruntant sa folie à la musique industrielle, son énergie au punk, et ses rythmes à l’électro naissante. Au fil des années, de par son efficacité redoutable, son humour kitsch et décalé (voix féminines disco, visuels irrésistibles) et son refus systématique de tout compromis, le groupe devient une des références du milieu underground européen, délivrant avec une régularité métronomique albums épatants et maxis ébouriffants. Voici donc le KMFDM annuel, au titre impossible à retranscrire, et aux options musicales surprenantes. Après le sous-estimé X-Tort, qui voyait néanmoins le groupe en situation périlleuse (départ de En-Esch, dispersion du style), ce nouvel opus recentre le tir grâce à une équipe à nouveau soudé, et qui s’entoure une fois de plus de la crème de l’internationale bruitiste : Nivek Ogre (Skinny Puppy), Michel Bassin (Treponem Pal), Tim Skold (Shotgun Messiah) et Raymond Watts (Pig). Nettement plus sombre et dur que ces prédécesseurs, *$?@! déroutera sans doute à la première écoute les fans de Juke joint jezebel (leur single le plus fun à ce jour). Ceux qui se donneront la peine d’approfondir le sujet découvriront un disque d’une belle homogénéité, certes moins délirant et plus ouvertement électronique que ses grands frères, mais aux compositions toujours aussi accrocheuses et aux textes toujours aussi revendicatifs. KMFDM n’est certainement pas « the next big thing », mais bien « the last real thing » !

Darkman