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3
sur 5

Depuis quelques années, Richard James oriente délibérément sa musique vers le merveilleux et on pense de plus en plus à Lewis Carroll en l’écoutant, et de moins en moins à Kraftwerk. On retrouve sur ce mini-album son goût immodéré pour les freaks et l’influence prédominante de Jean-Jacques Perrey. Sans faire de psychanalyse à la petite semaine, on peut dire que les comptines tordues de notre Nerd préféré respirent le traumatisme à plein nez, à ceci près qu’il est largement jubilatoire. Depuis l’album éponyme Richard D.James de l’année dernière, le thème de l’enfance est récurrent : dans les titres (Come to daddy, To cure a weakling child , Little Lord Fauntleroy remix), dans les samples de voix d’enfants, dans les compositions elles-mêmes, mécanos complexes qui donnent l’impression d’avoir été construits par un gamin surdoué et facétieux, un peu dérangé et obsédé par la perfection.

Surdoué, Richard James l’est sans aucun doute et ses jeux minutieux et fascinants cachent derrière leur aspect ludique et enfantin une maîtrise impressionnante des machines, ce qui n’est pas étonnant si l’on suppose que le désir de redevenir un enfant n’est pas très éloigné de celui de devenir une machine (Thank you, M Shapiro).
Ses morceaux racontent des histoires d’enfants mort-nés, de pères absents et de mères folles, de freaks et de diables et si une bribe de chant apparaît, il évoque l’asile et pas le vert paradis de l’enfance (Funny little man). Richard James est un petit génie et son absence de parenté musicale (qu’il partage avec d’autres artistes qui lui sont proches comme Mike Paradinas ou Autechre, par exemple) de plus en plus évidente le conduit vers des paysages sonores complètement fous et inédits, inquiétants et surtout intérieurs. Vivement l’album !