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2
sur 5

Troisième album pour les duettistes Johnny Marr et Bernard Sumner, accompagnés cette fois du Dove Jimmy Goodwin et du (feu) Black Grape Jed Lynch. Comme on s’y attendait un peu, le son de Twisted tenderness est hyper léché, presque bien, avec une bonne impression de puissance -ce qui manquait passablement sur leurs deux albums précédents. Quoique, les productions trop chiadées, souvent…
D’ailleurs, ça part plutôt bien, avec Make it happen, single mainstream à la grosse rythmique béton, derrière laquelle se cache la guitare mutine de Johnny Marr, qui doit attendre la toute fin du morceau pour se faire vraiment entendre. Le morceau mélodique technoïde parfait pour se bouger le cul et prendre trop de dope en matant du coin de l’œil des canons moulés dans des robes trop courtes à paillette. Un plaisir très nouveau riche, si vous me suivez. Haze, le second morceau, étonne carrément : on a toujours reproché à Electronic une certaine forme de paresse musicale, structurelle, planquée derrière une prod’ enveloppante ; ici, on trouve un morceau, un vrai, composé du début jusqu’à la fin, bien foutu et même très plaisant. Surprise encore, Vivid -sorti en single- le troisième morceau, est également agréable, avec Bernard Sumner qui chante vraiment, sans forcer pour une fois, un peu comme sur les derniers disques de New Order. Ça lui va pas mal. Marr sait faire sentir sa présence, mais sans exagération, sa guitare se fond bien dans l’ensemble.

On commence à hocher la tête et à se dire que tout va bien, qu’Electronic nous a réservé une bonne surprise. Mais derrière, ça commence à se gâter sévère : Breakdown balance son groove bubblegum obèse, la gratte s’enraie au milieu d’un néant musical qui nous laisse entrevoir ce dont le groupe est capable à son maximum de flemme, ainsi qu’on le disait plus haut : peu d’idées visiblement, une sur-orchestration évidente, comme une vilaine plante qu’on n’arrive pas à planquer et qu’on enroule autour de tout ce qu’on peut. Mauvaise mayonnaise en vérité, qui n’est pas sauvée par Can’t find my way home, le titre suivant, ballade-mélasse digne d’une FM californienne de base, le matin, en été.
On se dit « merde », c’est pas possible. Et si l’on peut par la suite épargner Late at night pour les mêmes raisons que l’on a condamné Can’t find my way home, la même FM sur la même highway californienne, mais en fin d’après-midi, ce qui est nettement mieux, on se prend quand même quelques méchants marshmallows géants dans la gueule (Twisted tenderness, When she’s gone). Et la tendresse, bordel !