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3
sur 5

Dans le petit monde de la musique électronique, il n’y a pas que Chicago, Detroit et Berlin. Il y a aussi Marseille (où vit David Caretta, l’homme à la petite moustache sparksienne) et Toulouse (d’où il vient). D’ailleurs son premier EP, sorti sur Gigolo, s’appelait Toulouse is on the map. Je vous vois sourire et vous avez raison : l’électro de Caretta, elle sert surtout à faire danser en rigolant (un autre ep s’appelait The Rocket sardine !), c’est un énorme clin d’œil -parfois coquin- aux mythes électroniques. Notre homme a déjà sorti des morceaux sur Harthouse, Thust ou Speculum mais Le Catalogue électronique est son premier album sur le label de son copain DJ Hell, fondateur de Gigolo.

Caretta, c’est avant tout de la musique de club additionnée d’une goutte d’easy listening. Voilà, c’est simple. Alors on commence avec Cosmos 70 (Cosmodrome n’est pas seul à être fasciné par les jeux Grundig…), gros titre électro-gras analogiquement compensé de basses grasses issues d’un bon vieux Korg, ça fait plaisir. Automate (en duo avec Electric Indigo) et Futurama sont mortels. Pas loin de Dopplereffekt (voix vocodées, bleeps, etc.), c’est Matt Groening qui va être content. Electronic boogie est un morceau de pumping house bien gras qui rappelle la recette de Flat Eric. Parfait, tandis que Ultra son romantique fait jouir Ultravox. En hurlant puissamment. Le Cauchemar (avec les Chicks On Speed) traverse des plaines désolées et une voix nonchalante raconte un rêve dans un mauvais anglais : very trendy. Flesh est très (trop ?) classique.

A partir de là, on s’enfonce dans les années 80 pour ne plus en ressortir ! On rigole bien avec Buzz, chanté en français, electro pop entre Visage et Indochine ! Terrible ! Oh petite gretschen… Kitschissime, mais bien fait ! Evidemment, avec la reprise de Ca plane pour moi, on reste dans le même registre. Par rapport à la version de Sonic Youth, le titre est plus qu’honorable. Pas très original, mais efficace. Ensuite, Metal disco glass est un titre de disco martiale en hommage à Munich Machine, DAF, Front 242 et Divine (Shoot your shot !). Avec Contact, on guette le fantôme de Telex et, avec Neuropolitics (morceau du top ten de Sven Vath, c’est tout dire), David conclut en force, avec un son énorme et agressif. Hard house, au sens propre.
Bref, ce catalogue électronique est complet et séduisant, amusant et puissant. L’idée, c’est de rocker la house. Et ça marche. Another brick in the electro wall, for you International Gigolos !