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3
sur 5

Color Und Climax est un collectif dont les membres sont issus -entre autres- des formations Osaka (Active Suspension) et Tank (Alice In Wonder). La majorité des navigateurs de cette embarcation bretonne est originaire de Brest et vogue autour du label Diesel Combustible Recordings. Ils nous livrent aujourd’hui Chronic fatigue syndrome counceling, leur second enregistrement officiel après un 45t sorti il y a plus de deux ans. Ce premier album divague chaleureusement sur des flots célestes très plaisants. Entre dub aérospatial (le titre Shasta évoque High Tone ou encore les Angevins de Zenzile) et drones féeriques captivants (le remarquable Cloud scissors), C&C déplace habilement des ressacs sonores éclatés, qui semblent abriter les limbes d’un post-rock asthénique.

On distingue clairement que le sens de la composition de cette équipée est issu de phénomènes liés à l’instant présent… Trop contenus pour être véritablement décrits comme de la musique dite « improvisée », les égarements de Color Und Climax laissent bien l’impression d’avoir été enregistrés sur le vif. Comme après une soirée bien enfumée ; lorsqu’on s’accroche de manière attardée à un accord de guitare, de manière lancinante, en étant persuadé de tenir le riff parfait… A l’écoute de certaines envolées phréatiques de guitares (Pamela Parker), beaucoup seront tentés d’effectuer un rapprochement entre Chronic fatigue… et certaines expériences kraut-rock des années 70 (Can, Neu…). Mais la simplicité instrumentale de C&C reste tout de même plus proche d’un ambient relaxant ; et ne tire finalement que très peu vers les aspirations expérimentales et complexes de ce mouvement germanique. Sans pour autant tomber dans l’électronique pure, autant dire que certaines structures déployées dans Chronic fatigue syndrome counceling possèdent les vertus hypnotiques de pointures ambient, comme Islamic Digger ou Tangerine Dream. Sur Mezzaluna dust, on pense également au télescopage shoegazing des My Bloody Valentine et de Skylab (sur la compilation Offbeat du label Red Hot).

Il serait intéressant de voir ce que donnent ces fumeurs de nappes en concert. La progression de certains titres célestes (Metroliner landscape) laisse à penser que leurs performances live pourraient être captivantes. Reste maintenant à savoir si cette formation fantomatique est restée identique ; voire si elle existe encore…