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3
sur 5

Le retour évidemment déstructeur du chevalier Jedi teuton qu’il nous faut. Après la compilation Squeeze the trigger, revoici Empire sans ses compères d’Atari Teenage Riot avec des morceaux enregistrés en 1996. C’est seul qu’on le préfère, sans concessions, sans pose, juste brutal et corrosif. Les morceaux n’ont pas vieilli. Il s’agit toujours de drum&bass hardcore et politique destinée à provoquer des émeutes. Un langage clair et sans équivoque : tout est politique, révoltons-nous. Sa musique est quasiment la seule aujourd’hui à donner cette envie, plus efficace et fraiche que n’importe quelle merde à guitares de série B. Distorsion, rafales de drums saturés et slogans qui réveillent (Fuck the nazi punks up their asses), la relève de Jello Biafra est assurée – en plus efficace). Seul devant son mur d’ampli, micro à la main et la drum machine qui tourne, Alec s’amuse et crée le nécessaire punk digital, empruntant à la jungle, à la techno hardcore, parfois au gabber (I don’t care what happens, drôle et violemment désabusé), à Aphex Twin (Fire bombing), à la musique industrielle type Godflesh/Pore/Fall of Because du label PDCD (Nobody gets out alive)… La rupture avec Mille Plateaux est consommée et on est loin de Etoiles des filles mortes mais pas si loin de Generation Star wars. Absolument enthousiasmant et dynamique. Rappelons que Empire a créé DHR en réaction à la montée de la droite en Europe (notamment dans la techno). Il cherche aujourd’hui à produire des artistes qui feraient « ressembler leurs productions récentes à du Barry Manilow ». Plus proche de le scène noise japonaise de Merzbow, Mainliner, High Rise, etc., la musique d’Alec Empire veut faire réagir (ce qui ne l’empêche pas de travailler avec Björk). Si vous n’aimez pas ce disque, demandez-vous pourquoi. Si vous avez moins de vingt ans, essayez de faire mieux.