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Ceux qui auront travaillé dans l’ombre pour engendrer la révolution que l’on connaît, sans jamais faire fortune, à la fin du Moyen Age, passent enfin à la postérité. Et se voient digérés sur CD-Rom dans le ventre d’une autre révolution. Celle, ingrate, du numérique qui n’a pas finit de s’approprier les perles et les esbroufes de l’histoire de l’humanité.
Index + et Interbibly (l’association régionale de coopération entre les bibliothèques et les archives de Champagne-Ardenne) se chargent ici d’archiver et d’analyser les perles, les incunables précisément. Comprenez tout livre produit dans les 50 premières années de l’imprimerie (entre 1450 environ et 1500). 52 incunables et 3 manuscrits sont donc visibles, jusque dans leur moindre détail : de la Bible à 42 lignes (ou Bible de Gutenberg), LE premier livre imprimé, jusqu’aux célèbres Adages d’Erasme. Des ouvrages aujourd’hui stockés à Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézière, Chaumont, Epernay, Langres, Reims, Sedan et Troyes, dont on ne pourra que saluer l’excellente conservation.

Outre les ouvrages, le CD-Rom propose six autres rubriques pour faire le tour de cette révolution initiée par Johannes Gutenberg, l’unique personnage qui n’aurait pas eu besoin de cette production pour trouver grâce et reconnaissance aux yeux du monde. A l’inverse de Grolier, Schoeffer, Fust ou Erasme, que l’on retrouve ici parmi les 35 auteurs, imprimeurs et illustrateur (un certain Dürer…) référencés.
L’utilisateur pourra également s’intéresser plus particulièrement aux contextes (Renaissance, humanisme, guerres, Europe…) ou aux savoirs (les grands thèmes et genres en vigueur : les textes juridiques, classiques, religieux, scientifiques ou populaires, la grammaire, la littérature, la médecine, l’histoire…). A noter la présence d’imagiers où sont relatés divers points de vue à l’aide d’animations thématiques et synthétiques, histoire de compléter le tableau.

Les amateurs apprécieront, enfin, la présence d’un lexique des techniques employées (casse, composition, enluminure ou tirage) et des termes descriptifs relatifs à l’architecture du livre. Où l’on (re)découvrira, entre autres, que l’on parlait de « colophon » -mise à part Wired, branchouille oblige, c’est rarement employé actuellement- pour désigner les renseignements laissés à la fin d’un texte -auteur, titre, imprimeur, date et lieu de l’impression.

Trésors des premiers imprimeurs est une production qui s’inscrit confortablement dans la lignée des très luxueuses et pratiques productions d’Index +. Maintenant, le sujet n’intéressera pas forcément tout le monde, c’est évident…