PARTAGER
3
sur 5

Stronghold, premier « simulateur de château » (cf. le manuel) ! Bien conscients de s’attaquer à un genre surexploité sur PC -le STR-, les concepteurs du jeu ont cru pouvoir berner le gamer en réveillant en lui ses joyeux souvenirs d’enfance, période Lego ou château de sable sur la plage. Vrai qu’il y a un peu de ça lorsque qu’il s’agit de défendre ses terres en construisant des murailles, des tourelles et autres tours de siège pour bâtir sa citadelle médiévale. Mais « make no mistake » comme dirait Bush, sous ses allures de godgame, Stronghold est bel et bien un STR pur jus, avec toutes les notions et options inhérentes au genre.

Primo, la construction d’un donjon, puis d’un grenier pour stocker la mangeaille. Une hutte de bûcheron pour récolter du bois (nécessaire à la construction d’édifices et de quelques armes rudimentaires), une hutte de chasseur (le gibier rode un peu partout aux alentours), une caserne pour engager des soldats, etc. Et quelques masures pour loger les villageois. Bref, la litanie habituelle. Au fil de votre progression dans la campagne, le scénario vous donne accès à de nouvelles ressources à exploiter (bois, pierre, fer, blé, farine, houblon, bière, brai -avec lequel on enduit les douves et l’on prépare l’huile bouillante…) afin de construire des édifices plus élaborés, de proposer de nouveaux métiers aux villageois, de bâtir une armée plus solide et efficace. Du simple archer au chevalier, en passant par le tunelier capable de faire s’effondrer les bâtiments ennemis en creusant sous les fondations.
L’évolution du château dépend de votre côte de popularité, définie selon la profusion de nourriture, les taux d’imposition en cours (il faudra sans cesse jouer avec pour renflouer vos caisses ou bien plutôt attirer de nouvelles recrues potentielles -pots-de-vin parfois obligatoires) et le taux de croissance de la population. Plus tard, la religion et le divertissement rentreront eux aussi en ligne de compte. Lorsque votre popularité est dans le vert, les visiteurs affluent et prennent automatiquement les nouveaux postes créés ou bien ceux laissés vacants à la suite d’une désertion des villageois (seuls les soldats sont recrutés ad vitam aeternam).

Stronghold n’est pas exempt de défauts. D’abord, le fait que la perte de votre seigneur mette brutalement fin à une partie vous oblige à le surveiller en permanence. Pénible, surtout que celui-ci se permet de vadrouiller constamment un peu n’importe où sur le territoire. Pas facile de le dénicher derrière les murailles ou dans la forêt lorsque qu’il faut défendre sa citadelle. Plus grave et frustrant : hormis les soldats et le seigneur, vous n’avez pas la possibilité de contrôler les hommes du village, ce qui fait que l’on assiste bien souvent, lorsque l’ennemi parvient à s’immiscer sur vos terres, au massacre de quelques uns d’entre eux en simple spectateur. Enfin, pour couronner le tout, signalons une gestion 3D isométrique imparfaite qui rend parfois difficile l’installation des bâtiments aux endroits désirés.

Deux approches s’offrent à vous pour déguster Stronghold. L’option « seul au monde, je fais mon château sans embrouille » (gestion économique), lassante à la longue et l’option « défense et conquête », plus palpitante, mais plus classique. Reste qu’à l’instar de n’importe quel autre STR, castagne ou pas, le jeu repose dans tous les cas sur l’exploitation de ressources, la gestion de la populace et l’évolution de cette sympathique communauté. Entre Age of kings et Caesar III, Stronghold ne s’écarte pas assez en définitive de ses prédécesseurs pour jouer dans la cours des grands, ni même relever un peu le niveau.