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3
sur 5

On serait taquin, on se contenterait de pomme-c/pomme-v notre test du premier SSX, à peu de choses près, on y verrait que du feu. C’est une sorte de mode, on ne fait plus de suite, on se contente de peaufiner un concept, de pondre un « remake, en mieux » d’une bonne vieille killer-app et d’engranger les recettes. SSX était une bombe… dans un contexte bien particulier, celui du lancement de la PS2, avec son déluge de titres nullissimes, calamiteux, au mieux médiocres. Depuis, la console-Caliméro de Sony s’est un peu réveillée et les hits se multiplient jusqu’à la nausée. SSX tient-il encore la route ? Oublions deux secondes l’épisode précédent, la réponse est oui. Mix improbable entre 1080° Snowboarding, Tony Hawk pro skating et WipeOut, SSX déménage sérieusement, flatte la rétine et magnifie une certaine kitscherie techno-hype au-delà du raisonnable. Evidemment, on est loin de l’esprit « simulation-sport », le titre d’Electronic Arts lorgne définitivement du côté du fun arcade immédiat et son mode carrière lui assure une durée de vie largement satisfaisante. Irréprochable démo technologique pour une plate-forme hautement contestée, SSX tricky propose un gameplay auquel on peine à trouver le moindre défaut.

Oui mais voilà, pour le gamer qui a déjà passé plusieurs dizaines d’heures sur le premier du même nom, SSX tricky risque de provoquer de fulgurantes et déplaisantes crises de « déjà-vu ». On n’ira pas jusqu’à dire qu’on attendait une révolution, mais coller à ce point-là sur le modèle initial frôle l’escroquerie. C’est vrai, le système de tricks a été repensé -il est désormais possible, dans des conditions optimales d’effectuer des « super-tricks » aussi crédibles que le pape en tutu mais assez ahurissants à regarder. L’équipe de riders s’est aussi enrichie de nouveaux venus toujours aussi branchouilles, au look étrangement japonisant. Si SSX tricky pêche par manque d’imagination, c’est surtout au niveau des pistes : deux nouveaux parcours seulement -Garibaldi et Alaska-, les autres circuits sont des revenants plus ou moins reliftés de l’épisode précédent. Plus péchus graphiquement, parfois vraiment méconnaissables -Snowdream et Tokyo Megaplex notamment-, certains jouent un peu trop la carte de la réminiscence. Pourquoi ne pas avoir proposé un nouveau set de circuits ? Pourquoi s’être contenté de rafraîchir les pistes de l’opus précédent ? Mystère… Bien sûr, les parcours sont bien plus agréables à regarder : la PS2 donne tout ce qu’elle a dans le ventre, parvenant même à se démarquer de la fadeur qui caractérise généralement le tout-venant vidéoludique de la console. Jamais graphismes n’ont été si vifs et colorés sur la 128bits de Sony -en attendant le très prometteur Jak and Dexter qui risque de pousser encore plus loin l’orgie visuelle vers le flashy. SSX tricky est un jeu fabuleux en soi, ça ne fait aucun doute. Dommage toutefois que les développeurs n’aient pas poussé un peu plus loin l’audace et l’innovation…