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4
sur 5

Un partenariat avec la sulfureuse revue US éponyme à l’attention des durs-à-cuire passionnés de gros calibres, un scénar largement inspiré des tristes exploits du Bod Denard américain John Mullins, conseiller de l’équipe de conception du soft et héros à incarner… il n’en fallait pas plus pour que le premier Soldier of fortune (SOF) fasse causer de lui à sa sortie. On aurait pu de fait, à l’époque, davantage fustiger la forme que commenter le fond du sujet. Seulement SOF exploitait le filon du gore/sordide jusque dans son contenu, respectant à la lettre le contexte nauséabond qui l’entourait. De facture assez classique au fond, le shoot 3D se distinguait tout de même de ses confrères grâce à une localisation des dégâts poussée comme jamais et une restitution réaliste de l’effet des armes sur le corps humain. Un gameplay qui se tient et du spectacle en sus, façon « j’t’explose les jambes et les bras, puis, éventuellement, la cervelle » (amis bouchers, comme suit : rafale d’AK-74 dans les guibolles d’abord, puis headshot spécial fusil à pompe). Un argument commercial indéniable que les concepteurs n’ont pas abandonné dans ce second opus. Disons que c’est plus finaud cette fois-ci (comprendre moins exagéré, moins gore), mais plus pervers puisque vos adversaires affichent dorénavant 36 points d’impact, ce qui autorise un paquet d’exactions diverses et variés…

Prometheus, une organisation terroriste inconnue, a mis au point un virus mortel (genre anthrax) et menace de le répandre sur quelques agglomérations phares de la planète si leurs exigences ne sont pas satisfaites. Le genre d’embrouille qui nécessite forcément les services du gars Mullins, à nouveau réquisitionné donc pour démasquer l’organisation et ses pontes, connaître leurs plans et mettre fin au chantage. Bon, mais l’histoire on s’en tamponne, voyons plutôt ce que SOF 2 a dans les tripes. Un moteur Quake III, valeur sûre, pas de problème. On sait par ailleurs que l’équipe de chez Raven maîtrise bien la bête, et ça se confirme ici : SOF 2, en plus d’être magnifique, fait dans la variété question décors. La mission nous emmène aux quatre du globe, de Prague au Kamchatka en passant par Hong Kong. De quoi également nous soumettre la totale au niveau des conditions climatiques pour des rendus toujours impeccables. Mais le plus marquant reste sans conteste la phase libération d’otages dans la jungle colombienne, inédite et franchement immersive. Planqué sous les hautes herbes en oscillation permanente sous l’effet du vent, il vous faut dénicher l’ennemi dissimulé sous les fougères tropicales ou derrière les arbres tout en évitant les mines et un repérage par les hélicos en patrouille. C’est d’ailleurs le type de maps qu’on privilégiera en parties multijoueurs pour apprécier pleinement le morceau. Parce que SOF 2 ne pose véritablement aucun problème de jouabilité -on se sent tout aussi à l’aise dans le maniement du couteau commando ou dans les phases de snipping qu’avec le lance-roquette- et qu’il offre par ailleurs un arsenal de guerre impressionnant, le deathmatch se révèle être une pure partie de plaisir. Profitez-en pendant que les pros de la gâchette ne courent pas encore trop les serveurs…

A noter qu’en solo, on a beau nous bassiner avec la discrétion en briefing, la méthode brutale reste dans tous les cas la plus efficace. Et puis l’ennemi vous repère de loin, inutile de la jouer tactique, SOF 2 ne failli jamais à sa réputation de shoot bourrin. Hélas, il va falloir tout de même noircir un peu le tableau car la dernière perle de Raven Software n’est pas sans faille, ou plutôt sans bugs. Ainsi l’on observe parfois la présence de murs invisibles temporaire qui gâchent méchamment la progression. Bâclé SOF 2 ? Oui, et ça se confirme lorsque l’on voit surgir d’une salle apparemment nettoyée un adversaire réapparu par l’opération du Saint-Esprit. Limite.

Reste un FPS plutôt bien rythmé sur toute la longueur et la possibilité pour le joueur affamé de générer aléatoirement quelques missions supplémentaires (assassinat, évasion, infiltration, etc.). Pour résumer, disons que SOF 2 constitue une sympathique synthèse de tous les shoots récemment sortis (No one lives forever, évidemment pompé au niveau du scénar et des cinématiques), que l’on casera entre Return to Castle Wolfenstein et… Medal of honor, toujours inégalé.