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3
sur 5

Sony s’est fait une spécialité du jeu de plates-formes grand-public, de Crash bandicoot à Ratchet & Clank en passant par Jak & Daxter. Des produits impeccables, bien torchés, pensés pour la masse handicapée du pad mais qui n’atteignent jamais le degré de mythe qui caractérise les grands classiques du genre (Mario, Sonic, ou même, ne soyons pas nippo-sectaires, Rayman). L’ensemble de ces titres formeraient presque un manifeste, basé sur la ligne déterminée par Naughty Dog : esthétique mixte entre design jap’ et cartoon ricain, maniabilité très (trop ?) accessible et mascottes accortes. Des principes de base qui auraient presque tendance à virer au systématisme. Tant et si bien qu’en voyant débarquer le nouveau venu dans le genre, Sly raccoon, abusivement annoncé comme un mix de plates-formes et de MGS-like réalisé par une nouvelle équipe de développeurs (Sucker Punch) mais toujours sous la tutelle de Sony, on ne ressent aucune véritable surprise. On reste en terrain connu et balisé du jeu de plates-formes bien réalisé mais relativement académique.

Graphismes cell-shadés ultra-léchés, système de hub à la Maximo et niveaux linéaires à la Crash bandicoot, Sly raccoon impose un certain respect : le travail est joliment mené, s’impose quelques variations dans le gameplay avec, en sus de la plate-forme classique, quelques écarts du côté de la course auto ou du jeu de tir pur et simple. L’axe infiltration se limitant à quelques mouvements pseudo-furtifs estampillés « Snake Solid » ou une version light des jeux de lumières de Splinter cell, et quelques clins d’oeil aux productions de Hideo Kojima. L’univers glauque-cartoonesque ne plaira pas à tout le monde, à l’opposé des ambiances bucoliques et chatoyantes de Jak & Daxter ou de Mario sunshine, mais il a au moins le mérite d’exploiter les capacités techniques du support à son maximum. De ce point de vue-là, Sly raccoon s’impose sans problèmes comme le plus beau jeu de plates-formes tous supports confondus. Hélas, sa maniabilité qui s’enrichit au fur et à mesure mais par trop approximative, sa caméra trop limitée et nettement moins efficace que celles des meilleures réalisations de Naughty Dog ou Insomniac, l’empêchent de rivaliser avec le fleuron du genre sur PS2. Sly raccoon ne marquera pas les mémoires, le jeu souffre d’une carence de personnalité -le raton-laveur-voleur n’est pas vraiment charismatique-, d’un gameplay manquant de profondeur et de finition et d’une durée de vie bien trop limitée, accentuée par un niveau de difficulté insuffisamment élevé.