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sur 5

Présenter les œuvres d’illustres peintres est aujourd’hui devenu une habitude sur CD-Rom. Or, mis à part le fait de posséder de prestigieuses collections dont on peut, à loisir, contempler les tableaux sous tous les angles, avouons que le genre n’a plus rien de révolutionnaire. Sachant qui plus est que les éditeurs choisissent globalement de toujours s’étendre sur les mêmes artistes. Avec Mission Soleil, il s’agit bien d’exploser cette vieille coutume limitative en se servant des peintures de Van Gogh pour privilégier la découverte par l’immersion. On ne se contente plus ici de visualiser les peintures, on rentre dedans.
Frédéric Sorbier, l’auteur, nous indique avoir « la conviction que l’approche de l’art par le jeu et la fiction est d’une stimulante fertilité ». Va pour la fiction : à la fin du 21e siècle, le soleil s’est éteint et le monde a perdu ses couleurs. A vous de les retrouver pour les voir réapparaître sur les toiles trop fadasses, parce que noir et blanc, du maître. « La sacralisation des chefs-d’œuvre dont on parle avec gravité dans des termes qui excluent davantage qu’ils ne révèlent ne me séduit guère » affirme l’auteur. Le jeu consiste donc en une promenade en 3D temps réel dans les lieux familiers du peintre. La Hollande, Arles et Auvers-sur-Oise ont été modélisés à partir de plusieurs tableaux. Concrètement, un mauvais moteur 3D affiche du Van Gogh trituré et mal recadré sur 360° dans des espaces bizarrement délimités.
En récupérant certains objets et en les assimilant aux bons tableaux, l’utilisateur (plutôt jeunot puisque le produit d’éveil est à priori destiné au 8-12 ans) se voit proposer quelques jeux pédagogiques (genre puzzles et jeux de mémoire assez répétitifs). Si ses efforts sont concluants, c’est un Van Gogh de synthèse qui viendra lui faire la leçon et lui remettre une récompense. Les tableaux reprennent alors leurs couleurs d’origine…
Une approche originale certes, mais techniquement pas vraiment convaincante.