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2
sur 5

A première vue, Grabbed by the ghoulies est un événement. Le premier jeu estampillé Rareware, studio dont le travail est indéfectiblement lié au passif de Nintendo -de Donkey Kong country sur SNES à Perfect dark sur N64-, développé pour la Xbox. Lâché par la firme de Kyoto après avoir pondu un StarFox adventures à moitié réussi, Rare s’est donc retrouvé dans le giron de Microsoft qui s’est empressé de profiter de l’aubaine. Un transfert surprenant, inattendu, presque contre nature. Mais compréhensible : la Xbox crève d’envie de marcher sur les plates-bandes de Nintendo, de sortir de son image de PC du pauvre, d’élargir son horizon. Malheureusement, la plupart de tentatives de flirter avec le savoir-faire bien particulier de Nintendo s’est soldée par un échec. Rare est donc devenu le studio de développement providentiel, après avoir été jugé indésirable par Nintendo. Il suffit de jeter un coup d’oeil sur la bande-annonce de Kameo, le prochain jeu Rare sur Xbox, incluse sur le DVD de Grabbed by the ghoulies, pour comprendre que Microsoft fantasme sur Zelda, et rêve de combler les lacunes de la logithèque de sa grosse console.

En attendant la grosse artillerie, Rare nous gratifie d’un premier jet nettement moins ambitieux. Une stratégie un peu étrange : Grabbed by the ghoulies n’était peut-être pas le meilleur choix pour débuter le line-up d’un éditeur aussi mythique que Rare sur Xbox. C’est un beat’em-all sympathique qui surfe sans doute sur le revival Scooby-Doo, avec son univers horrifique et parodique, son improbable manoir gothique, et ses monstres ridicules. Grabbed by the ghoulies est un bon petit jeu artisanal, bien réalisé… mais sans talent. Le decorum cartoon est trop sage, le character-design trop académique, la maniabilité discutable -utilisation du stick analogique pour donner des coups- et le gameplay manque de substance. Vagabonder de salles en salles en relevant des défis du genre « tuer tous les zombis en moins de 30 secondes » ou « survivre aux attaques des poulets vampires pendant 2 minutes », ça n’est pas forcément déplaisant au début, mais petit à petit le principe finit par tourner en rond. Même si les défis se corsent, au fur et à mesure, imposant de plus en plus contraintes et la menace de plus en plus prégnante d’une Faucheuse qui n’hésitera pas à venir vous faire passer de vie à trépas juste en vous touchant de son doigt squelettique. Malgré quelques variations de gameplay -notamment quelques courtes séquences qui rappellent les QTE de Shenmue-, on a un peu l’impression d’avoir fait le tour du jeu au bout de deux heures. Comme si ses créateurs ne savaient pas vraiment où ils voulaient en venir et qu’ils avaient finalement baissé les bras pour se contenter d’un concept-game au souffle court.