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3
sur 5

Après nous avoir collé du « multimédia » à toutes les sauces, les éditeurs semblent s’acharner sur la 3D et on se croirait maintenant dans une gigantesque cyber-criée où le poisson sent frais l’arnaque… Alors comme ça, le Gekko s’offre une troisième dimension. On a un peu l’habitude aujourd’hui, le passage à la 3D peut nous amener de belles surprises mais également nous faire atteindre des summums d’injouabilité. Pour Gex 3D, les bougons auraient une belle excuse pour s’en donner à cœur joie, car la boîte annonce d’entrée de jeu la nécessité d’avoir une 3Dfx. Mais pour une fois, la dépense vaut vraiment la peine. Passée l’angoisse de l’installation (ben oui, c’est comme ca maintenant, avec les 3Dfx ou autres Direct x), le jeu explose littéralement sur votre écran, faisant des pieds de nez aux consoles dédiées 64 bits. Pour une fois, le sobriquet « 3D » donne sa pleine mesure et hisse le PC à des niveaux encore jamais atteints.

Parlons en des niveaux justement. Il y en a 7, tous immenses, et ils promettent de bien belles nuits en perspective. L’intérêt ici, c’est qu’on peut les passer dans le désordre, en commençant au hasard et en se laissant aller au délire kitsch d’un jeu bourré d’humour, destiné pour une fois à un public un peu moins niais qu’a l’accoutumée. Les habitués de Gex retrouveront évidemment l’esprit loufdingue à la Dream On bourré de références télévisuelles ou cinématographiques… Seul regret, sur ce point, l’absence de sous-titrages, écartant de ce fait les non-anglophones d’un humour assez salé. Côté technique, rien à redire, la fluidité est exemplaire, les effets sonores et visuels parfaitement maîtrisés, et le système de caméra très bien pensé. Cette dernière vous est en effet, si vous le souhaitez (car un système automatique existe malgré tout pour les novices), entièrement dévouée. Les plus doués ou les curieux pourront sans arrêt déplacer la caméra à leur guise. Cependant, ce « gadget » deviendra par moment pratiquement indispensable pour mener à bien l’action.

Et c’est la que nous abordons le seul point faible, à mon avis, de ce jeu. Certes, au début, on est hilare en voyant Gex déglinguer à coups de queue ses adversaires, se coller aux parois ou encore gober des mouches en sautant sur sa queue-ressort, mais les tableaux sont sérieusement dépeuplés. Ils sont immenses, ce qui pourrait être un point positif (notamment pour la durée de jeu, contrairement à un certain Heart of darkness sortie récemment), mais les monstres sont posés un peu comme des fleurs rares au milieu d’un pré. On s’énerve surtout rapidement lorsque, coincé une heure sur un même tableau, on ne trouve toujours pas cette saloperie de télécommande planquée. Oh je sais, les acharnés trouveront ça terriblement excitant, et j’en vois déjà qui bavent en pensant aux nombreuses heures qu’ils vont pouvoir passer avant de trouver le truc planqué hyper rare dont ils feront des gorges chaudes en soirée… Moi personnellement, recommencer sans arrêt le même tableau de long en large émousse rapidement ma patience…
Dommage, donc, d’avoir péché par excès de grandeur tranquille, car ce jeu aurait pu être à mon sens le meilleur jeu de plate-forme disponible à ce jour sur PC. Mais non…