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sur 5

Ca fait maintenant bientôt trente ans que les jeux vidéo hantent les foyers. Trois décennies que la balle carrée de Pong rebondit entre deux raquettes blanches. Et pendant tout ce temps, les jeux, les héros, les mascottes même ont défilé. Les extraterrestres ont été repoussés grâce à Space invaders. Pac-man a mangé des tonnes de gommes et traqué bien des fantômes. Les avions ont fait plusieurs fois le tour de la planète sur les différentes versions de Flight simulator. Et Lara Croft séduit toujours autant les joueurs par ses formes avantageuses. Tout ça méritait bien une encyclopédie. C’est Canal + Multimédia qui s’y colle, fort de son émission feu-Cyberculture et de son musée en ligne des jeux vidéo, une référence dans le domaine. Canal a réuni une nouvelle fois ses talents pour sortir quatre CD remplis d’histoire (à noter que les deux derniers CD regroupent 22 démos et 3 jeux complets ressortis des bacs pour l’occasion : King quest de chez Sierra -l’original de 1993-, l’historique Alone in the dark d’Infogrammes et un simulateur de vol culte, Red Baron de Dynamix).
Que trouve-t-on dans l’encyclopédie proprement dite ? Là, ce sont les chiffres qui laissent rêveurs : 5000 jeux traités, soit par un descriptif détaillé du titre (avec vidéo, photos, interview des concepteurs) soit par une courte fiche. 1500 autres fiches sont consacrées en vrac aux concepteurs, aux machines ou aux sociétés qui ont fait vivre l’industrie luxuriante du jeu vidéo depuis un quart de siècle. Au menu également, douze visites guidées centrées chacune sur un thème bien précis : les jeux de sports de Pong à FIFA 2000, les jeux de stratégie, les grandes sagas… Le tout agrémenté d’interviews et de nombreuses screenshots. Notons enfin que l’interface n’est pas désagréable. Axée autour d’un outil de recherche très puissant, elle permet d’accéder à n’importe quelle fiche du CD en quelques clics.

Cette encyclopédie est la seule du genre en français, c’est entendu. Elle est de plus très riche de contenu, c’est entendu également. Seulement voilà : elle souffre tout de même de quelques lacunes, dont certaines s’avèrent particulièrement gênantes. La première est technique puisque, curieusement, nous constatons que le CD-Rom ne se lancent pas sur toutes les machines (démarrage impossible sur certains PC !?). Dommage pour un des prétendus clous de l’encyclopédie ! Ensuite, les photos des ordinateurs et consoles sont directement issues du Web. Elles sont même arrivées brutes des sites des collectionneurs américains au graveur de CD. La qualité s’en ressent énormément et on n’était pas habitué à voir des prises de vue aussi médiocres, surtout pour une production made in Canal +. Quelques absences regrettables enfin : les démos et jeux complets disponibles sont intéressants, mais ne remontent pas avant l’année 93 pour la plupart d’entre eux. Impossible de rejouer à Pac-man, Asteroid ou Centipede. Les émulateurs auraient sans doute été une solution intéressante, mais légalement le sujet est épineux. Canal a préféré ne pas trop se mouiller. Du coup, la tendance commercialo-revival s’agissant de certains anciens titres phares du jeux vidéo n’est évoquée nulle part.
Au final, Génération jeux vidéo a malgré tout le mérite d’exister et d’être francophone. Une excellente source d’information, et de révélations, pour ceux qui pensent encore que l’histoire des jeux vidéo commence avec Age of empire. Pour les vrais accros, on conseillera de rallumer le bon vieux Commodore 64 ou de feuilleter la collection de Tilt qui traîne à la cave. Sans aucun doute la meilleure cure de jouvence possible.