PARTAGER
5
sur 5

Il y a des jeux dont on sait dès les premiers coups d’œil qu’ils laisseront leurs concurrents et prédécesseurs sur le carreau. Dès le début, Colin McRae Rally impressionne : de la belle ouvrage, cette intro somptueuse et cette interface originale et de (très) bon goût… On voit mal comment des gens déployant autant de talent pour l’habillage pourraient se planter sur le reste du jeu. OK, les belles réalisations pas jouables du tout ou chiantes à mourir, on nous a déjà fait le coup, mais ici, il faut se rendre à l’évidence : les développeurs et les graphistes ne se sont pas foutus de notre gueule.

Puisqu’il faut appeler un chat un chat, disons-le tout net, Colin McRae Rally est un pur chef-d’œuvre dans son domaine, un chef d’œuvre de jouabilité, un pur régal pour les yeux… Passées les premières secondes durant lesquelles on admire un environnement d’une finesse remarquable, il faut se concentrer sur la prise en main du véhicule, très réaliste donc plutôt ardue et s’habituer à l’adhérence inhabituelle due au type très particulier du terrain -le plus souvent, de la bouillasse. Faut-il s’en cacher, on retrouve assez rapidement cette joie purement puérile de crotter sa bagnole dans la gadoue… Dérapages contrôlés, rebonds à la « Bullit », freinages brutaux, aucune sensation forte ne nous est épargnée. D’aucuns diront qu’on a vu jeux plus rapides, plus « décoiffants » : mais ici, la vitesse n’a pas vraiment d’importance, elle ne pointe d’ailleurs jamais bien haut surtout si vous êtes débutant -jamais réussi à passer la quatrième- le « fun » est ailleurs, disons dans les tentatives un peu vaines de rester sur la route… D’autant plus que les conditions météorologiques viennent corser l’affaire : en temps de pluie, garder sa trajectoire tient de l’exploit…

Des options proposent plusieurs types de courses : championnat, rallye complet, course contre la montre et, cerise sur le gâteau, des cours de conduite donnés par un petit con passablement paternaliste… Sans oublier une course à deux, en split-screen ou en alternance. Bref, voilà qui règle le problème de la longévité…

Penchons-nous sur la réalisation à présent : on a déjà mentionné le graphisme, époustouflant. Les décors sont variés, tous magnifiques, de la Nouvelle-Zélande à la Corse, en passant par la Grèce ou l’Australie. Les textures de ciel ou de terrains sont finement étudiées, les passages d’un type de route à un autre se font sans « raccords ». Le design des véhicules est également très soigné -le « plus » qui tue : au gré des courses, on voit sa voiture se couvrir de bosses et de boue. L’animation est plus que correcte au vu du nombre de détails qui enrichissent le décor ; un léger effet de brouillard atténue le « clipping » du paysage. Quant à l’habillage sonore, de la zique techno -un classique depuis WipeOut– aux bruitages parfaits -exceptée la voix du copilote un peu énervante- c’est pratiquement du sans-faute.

Ca ne fait pas l’ombre d’un doute, avec de telles qualités, Colin McRae Rally fera définitivement partie du palmarès des jeux PlayStation à la fin de l’année…