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4
sur 5

Les jeux transgressifs, ça n’est pas ce qui manque en ce moment… Entre un GTA qui donnerait des cauchemars au plus laxiste des ministres de l’intérieur et un DoA Xtreme qui dévoile sans complexe des kilomètres de chairs juvéniles et siliconées, les occasions de faire peur à papa-maman ne manquent pas. Mais Burnout 2 a une place à part. Ca n’est pas seulement sa propension à défier les règles de conduite les plus élémentaires. Non, c’est aussi un jeu aux pulsions suicidaires plutôt surprenantes, une sorte de Outrun pour maniaco-dépressifs.

Pourtant, sur le papier, Burnout 2 est un jeu de course tout ce qu’il y a de plus classique : quatre voitures, une route, la première ayant franchi la ligne d’arrivée remporte la mise. Le petit plus c’est que pour gagner, il faut remplir une jauge de boost permettant d’atteindre des vitesses phénoménales. Et pour cela, un seul credo : il faut conduire comme un gros con. Prendre l’autoroute à contre-sens, faire des queues de poisson, des dérapages de taré, des bonds dignes de Bullit. Soit conduire le plus dangereusement possible, le paradis des chauffards, comme une extension ludique du Crash de Ballard/Cronenberg -sauf qu’ici il vaut mieux éviter l’accident frontal sous peine de ne pas se retrouver sur le podium en fin de course.

Avec son pilotage ultra-simplifié, ses montées d’adrénaline, et son gameplay bas-du-front, Burnout 2 représente ce qui peut se faire de mieux dans le genre arcade. Faisant fi de la logique, poussant le concept jusqu’à l’absurde -comment le fait de conduire comme une sous-merde peut-il booster ainsi les performances d’une bagnole ? Comment peut-on reprendre la route deux secondes après un crash digne de la scène finale des Blues Brothers ?-, Burnout 2 n’est là que pour proposer un plaisir vidéoludique basique et orgasmique. Ca n’est pas un jeu de longue haleine, mieux vaut être prévenu, d’autant qu’il est relativement facile. Il faudra débloquer le deuxième championnat pour commencer à transpirer. Mais en dehors du mode principal de courte durée, le jeu propose tout de même quelques friandises assez goûteuses. Notamment le mode « crash » -tiens donc…- dans lequel il faudra provoquer le plus de dégâts possibles dans une improbable orgie d’étincelles et de tôles froissées. C’est le plus souvent totalement arbitraire, mais avouons-le, c’est aussi franchement jouissif et défoulatoire.

Bénéficiant d’une réalisation hors-normes -l’indétrônable GT3 himself a du soucis à se faire-, Burnout 2 est une excellente surprise, même s’il ne propose pas de changements renversants par rapport au premier opus. Qu’importe, même si le plaisir ne dure pas forcément bien longtemps, même si ce genre de jeu est finalement plus qu’anecdotique, il s’agit ici de l’un des plus dignes représentants de l’arcade pure et dure, soit l’essence même du jeu vidéo.