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Sur un argument de départ, deux personnages et un lieu imposé, treize jeunes réalisateurs brodent un drame en chambre. Une excellente initiative pour un résultat pas toujours à la hauteur.

« Un homme et une femme dans une chambre d’hôtel. Dans moins de cinq minutes, l’un des deux sera mort. Vengeance ? Crime crapuleux ? Accident ? Suicide ? Les causes peuvent varier. Un fait demeure : on meurt beaucoup dans la chambre 13. Et ça fait plus d’un siècle que ça dure ! » C’est sur cette trame, lancée comme un appel d’offre auprès des auteurs en herbe par Philippe Nessler et Stéphane Bourcier en janvier dernier, qu’est née la série des Chambre 13, première coproduction de fiction engagée par une chaîne thématique en France. Sur 1 300 scénarios reçus, 13 ont été retenus.
Tournés à raison d’une journée par épisode sous le parrainage d’Alain Corneau, et signés de réalisateurs venus du court métrage, du clip, de la pub ou du théâtre, ces films courts en forme d’exercice de style (unité de lieu, de temps et d’action) pouvaient constituer une collection assez excitante. D’autant que le casting, côté comédiens et metteurs en scène, réunissait, à côté de parfaits inconnus, des noms appartenant à la « jeune garde » du cinéma français : Olivier Dahan, réalisateur de Frères et de Déjà mort, Olivier Mégaton, ex-graffeur devenu réalisateur de pubs et de clips pour les Négresses Vertes ou Assassin, Gérald Laroche et Edouard Montoute, acteurs fétiches de Xavier Durringer, Frédéric Diefenthal (Taxi), Stanislas Mehrar (Nettoyage à sec), Lucia Sanchez (Sitcom).

Or, le résultat est pour le moins inégal. Pour quelques opus dégageant un vrai univers et/ou portés par des acteurs consistants (le Poker Idiot bourré d’humour noir de Lars Blumers, l’interprétation de Coccinelle de Sarah Lévy, le cauchemardesque Morts au champ d’honneur de Olivier Dahan, l’intrigant Tuez-moi, de Valérie Roumanoff, Chair en vie de Aruna Villiers et Fabienne Berthaud), on assiste à une débauche de clips à l’esthétique toc et aux scénarios mal vissés. La palme étant atteinte avec Mauvais Joueurs (une partie de dés assassine ne distillant qu’un mortel ennui), Game girl (mi-Nikita mi-Lara Croft, une ado restée bloquée à l’âge des nounours joue à la preneuse d’otages) ou le platissime Amor (deux amants se retrouvent dans un hôtel dont le directeur n’est autre que le mari cocu !). Flirtant souvent avec le fantastique, voire le gore, les films en oublient au passage l’humour et ont parfois tendance à surligner ce qui aurait intérêt à être simplement suggéré. Reste une initiative sympathique, émaillée de quelques bonnes surprises.

Chambre 13, 13 épisodes, chaque dimanche du 17 octobre au 9 janvier à 22h13 sur 13e Rue