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Petite surprise de l’été et véritable très bon premier album, We have sound est l’album d’un seul homme, à tout faire, Tom Vek, londonien de 23 ans, gueule d’amour, future star. Mail-interview (le garçon semble débordé).

Chronic’art : Quand as-tu commencé la musique ? Comment as-tu commencé Tom Vek en tant que groupe ? Qui joue dans le groupe ?

Tom Vek : J’ai commencé à jouer ou plutôt à tourner autour de notre piano dans notre salon quand j’étais encore un enfant. Vers 9 ans, j’ai montré un intérêt pour les instruments rock et j’ai commencé à jouer de la basse. Une grande guitare pour un petit garçon. Je crois que j’atteignais tout juste le bout du manche. Tom Vek comme groupe est une chose assez récente, seulement dédié à la scène et pas autre chose. Pour les enregistrements, je fais tous les instruments moi-même, en faisant attention à chaque rôle, donc pour la scène, ça faisait sens de monter un groupe. Le groupe de scène, c’est trois personnes : deux sont des amis de la Faculté d’art où j’étudiais et j’ai rencontré le batteur pendant un concert à Londres où son ancien groupe jouait avec le mien.

Comment a été conclu le deal avec Universal ? Tu es assez différent du reste du catalogue… Qu’est-ce que ça fait d’être sur un major, quand on fait ce qui peut être apparenté à de l’indie-rock ?

L’album était complétement fini alors que j’étais sur le label indépendant Tummy Touch, qui m’accueille depuis plusieurs années déjà. Lorsqu’on a diffusé quelques copies promo de l’album, d’autres maisons de disques m’ont contacté pour sortir le disque. Je leur ai d’abord répondu : « Désolé, je suis déjà signé », puis nous avons realisé que l’aide d’un plus gros label nous permettrait de toucher un plus grand public, et ces gens semblaient vraiment gentils. Les gars de Gobeat chez Island m’ont approché très tôt et comprenaient vraiment la nature de mon projet musical : alors nous avons entamé une relation plus professionnelle, et l’album est sorti chez eux.

Qui a fait la très belle video de If I had changed my mind ?

Je l’ai faite avec un gars avec qui je vivais à l’époque, un certain Chris Cairns. Nous étions tous les deux dans la même Art-School et étudions la mise en scène cinématographique. J’avais cette idée de video qui impliquait de couper une guitare en deux et je lui ai demandé de m’aider à la réaliser, parce qu’il avait pas mal de matériel. Nous n’avions pas vraiment de raison de le faire, la chanson était alors sortie en single à tirage limité, mais nous étions très excites par l’idée. C’est une idée que nous revisiterons car mon projet initial impliquait de nombreux instruments coupés en morceaux, ce qui nous aurait coûté une fortune. J’ai fini par vraiment adorer la simplicité lo-fi de notre travail.
Tu « as le son », mais tu ne sonnes pas vraiment comme un groupe de pop mainstream. Tu voulais ce son quasi lo-fi ? Coment as-tu créé ce son de guitare très sale ? Est-ce que tu les désaccordais ?

Dans mon approche de la musique, je me suis toujours concentré sur ce qu’on entend plutôt que sur la manière d’enregistrer. J’écris de façon assez instantanée et souhaite enregistrer l’idée que j’ai immédiatement en tête, ce qui me permet d’enregistrer l’émotion rattachée au moment, de manière fraîche, comme une performance naturelle. Ainsi, j’ai juste fini par utiliser le même micro pour enregistrer la caisse claire de la batterie et la guitare électrique, le micro juste posé devant l’ampli. Pour chaque chanson, j’avais une manière différente de procéder, il n’y a pas vraiment de formule, c’est plutôt spontané, et c’est ce qui resort du son final, je pense.

Tu me rappelle un peu la musique de la fin des 70’s (Blondie, par exemple), quand les groupes rock commençaient à utiliser des synthés dans leur musique. Tu te sens proche de cette période ?

Je n’ai jamais été nostalgique dans mes goûts musicaux. J’aime écouter la musique actuelle. L’exploration de la musique ne devrait pas être rattachée à une époque specifique.

Ta musique me fait aussi penser à la scènne post-punk des années 80. ESG, le Pop Group, Gang Of Four ont-ils été une inspiration pour toi ?

Hélas, et en dépit de l’intérêt des musiques que les gens ont put reconnaître dans la mienne, je n’ai été influencé par aucune autre période que les 90’s…

Tu dis être inspiré par Warp et la musique électronique récente, mais ta musique est essentiellement rock. Quelle est la place de l’électronique dans ta musique ? Est-ce que cette dimension pourrait être plus présente (en live par exemple) ?

Warp et Ninja Tune ont été des labels pour lesquels j’avais beaucoup d’intérêt. Ils ont des trucs incroyables dans leur catalogue. J’ai passé une période, il y a quelques années, où j’expérimentais vraiment avec des machines et des synthétiseurs. Comme tout ce qui est excitant un moment, je me suis habitué à eux juste comme à n’importe quels autres instruments produisant du son, et cela n’a pas plus d’importance pour moi que, disons, une guitare aujourd’hui. La partie électronique est la chose la plus difficile à restituer sur scène. On s’en sort parfois en utilisant une MPC, mais on essaie plutôt de faire du rock sur scène, il n’y a pas de raison de faire quelque chose de strictement identique au disque, et on s’amuse beaucoup plus comme ça.

Quels autres groupes écoutes-tu ces jours-ci ?

Il y a beaucoup de musiques très excitantes en ce moment à Londres. J’ai eu beaucoup de chance de jouer avec The Chap, Clor, The Fallout Trust, The Young Knives.

Merci beaucoup, ton album est géant.

C’est la meilleure chose que je puisse entendre, merci beaucoup.

Propos recueillis par

Lire notre chronique de We have sound