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Nouvelle revue apparue dans les kiosques depuis fin octobre, )Transfert s’affiche comme « le magazine d’un monde qui change (vite) ». Fait rarissime de par chez nous, qui mérite d’être signalé : la version papier sort en même temps que s’ouvre sur la Toile une version électronique a priori complémentaire. Que comptent en faire Christophe Agnus, Denis Delebecque et Pascal Barollier, les fondateurs ? Interview par mail du premier, rédacteur en chef. Quasi brut de décoffrage…


Chronic’art : Dans la préparation du projet )Transfert, à quel moment avez-vous décidé de mettre en place, en parallèle, un site Web ?

Christophe Agnus : Dès les premiers instants. Il était pour moi évident qu’un magazine devait disposer de son site Web.

Pour quelles raisons ? Et quelle importance lui accordez-vous par rapport à la version papier ?

Avant de lancer )Transfert, j’étais reporter à L’Express. J’y ai créé, en 1995, avec Corinne Denis, L’Express Online, sur Compuserve (réservé aux abonnés, ndlr). Mes premières propositions de site en ligne pour L’Express remontent à 1993. J’ai suivi de près ce qui se faisait aux USA au début des années 90, et j’ai vite conclu que le CD-Rom n’avait pas d’avenir pour un magazine, qu’il fallait tout miser sur le online qui peut constituer le complément naturel d’une revue papier. En réalité, le site n’est une parti du magazine papier. Il vit avec lui, mais n’est pas une entité séparée.

Qu’apporte actuellement en plus la version électronique de )Transfert ?

Des informations différentes, des compléments aux papiers du magazine (en tête de certains articles de la version papier, il est annoté des numéros. En s’y rapportant sur le site, on trouve des compléments d’information, ndlr), des forums…

Comment allez-vous développer le site ? Que peut-on proposer en plus sur une version Web ?

Beaucoup de choses. Mais vous le verrez bien…

Allez-vous utiliser des technologies qui relèvent de l’audiovisuel ? Si oui, dans quel but ?

Juste du son (pour des extraits d’interviews ou de l’ambiance). Pour l’image, on verra plus tard…

Avez-vous, au jour d’aujourd’hui, quelques idées précises de rubriques ou d’autres développements spécifiques à mettre en place uniquement sur le site Web de )Transfert ?

Oui, mais je ne vous le dirais pas aujourd’hui…

Comptez-vous essayer de rentabiliser la version Web du magazine ? Si oui, comment ? Et si non, pourquoi ?

Bien sûr. De la façon la plus classique qui soit, dans un premier temps : la pub. Par la suite… vous verrez…

Vous êtes-vous inspiré d’expériences existantes, francophones ou anglo-saxonnes, en la matière (support papier + Web) ?

Oui. De mon expérience avec L’Express Online, mais aussi des expériences de Slate, Salon, Mercury News, ou Wired.

Quels sont, selon vous, les magazines ou journaux papiers qui font une bonne utilisation de leur pendant électronique ?

Pour moi, l’expérience la plus réussie en France, c’est celle des Echos. Mentions spéciales tout de même à Libération et au Monde. S’agissant des magazines, je pense que L’Express est le seul à avoir une politique cohérente, même si ce que fait Marianne n’est pas mal du tout.

Enfin, pensez-vous un jour abandonner la version papier pour vous consacrer à la version Web de )Transfert, logiquement moins coûteuse…

Non. L’économie n’existe pas. Quant à la différence de prix, elle est moins importante que vous le croyez… Pour qu’un magazine en ligne soit efficace, il faut lui consacrer beaucoup de temps et de moyens. Il y a plus de monde pour faire Hot Wired que pour faire Wired. Certes, il y a la fabrication, mais si la différence existe, elle n’est pas incroyable, et encore une fois, vous ne ferez pas payer le même prix un bandeau pub qu’une page de publicité, à public égal.

Propos recueillis par mail par

Le site Web de )Transfert.
Le magazine papier n°1.01 (notez, entre autres idées repompées à Wired…, la numérotation !) de novembre/décembre 1998 en kiosque : 28 F