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On avait surtout remarqué Plone grâce à Plaything, merveilleuse comptine onirique et électronique sortie sur la compilation Warp 100 We are reasonable people. Puis il y eut Plock, le maxi, dans la même veine poétique et amusée. A l’occasion de la sortie de leur premier véritable album, For beginner piano, rencontre avec Billy, Mike et Mark, originaires de Birmingham (région de Broadcast et Pram, avec qui ils ont tourné).


Chronic’art : Sur For beginner piano, des titres comme On my bus et Busy working font beaucoup penser à Ennio Morriccone ou Michel Magne : sont-ils une influence pour vous ?

Plone : Morriccone, oui, certainement. Je ne connais pas Michel Magne. Nous essayons de faire des petites musiques de film, mais de films sur les machines. C’est une utilisation restreinte. En fait, c’est toujours la même vieille histoire : on utilise la musique pour s’échapper, pour créer un petit espace dans lequel on peut oublier le reste.

Pensez-vous mettre plus de voix dans les morceaux ?

Pas particulièrement, peut-être… Si nous écrivons les chansons appropriées, oui. Ce n’est pas habituellement ce qui nous vient à l’esprit.

Le titre Marbles m’a fait penser au jeu vidéo Lose your marbles (Segasoft). Aimeriez-vous composer la musique d’un jeu vidéo ?

Oui, bien sûr, nous pourrions… Oui, je pense que nous pourrions… Utiliser quelques ambiances abstraites… La majeure partie de la musique dans les jeux actuels est plutôt pauvre… Les jeux les plus primitifs étaient les plus intéressants. Maintenant, ils se samplent les uns les autres, et la musique n’a plus de caractère. De toute façon, la musique sur ordinateur, ça devient vite du Prodigy, non ? (rires)

Qu’y a-t-il de si spécial à propos de l’alphabet grec (The Greek alphabet) ?

Euh… (rires) On voulait lancer une rumeur comme quoi Plone était une des lettres de l’alphabet grec…

Comment composez-vous ?

Il n’y a pas de règle. Principalement en jammant ensemble. Ou l’un d’entre nous vient avec une idée et les deux autres ajoutent leur touche. Ça vient comme ça…

Pensez-vous que le vocoder est un stimulant sexuel ?

(rires) Oh oui ! Comme Grandmaster Flash et ses vocoder super sexy !

En faisant une recherche sur Internet à partir de Plone, on trouve notamment Plone.com (un designer) et Allen Plone (le réalisateur) : connaissez-vous l’un ou l’autre ?

Ah oui, Allen Plone, le scientifique. (rires) Oui, en fait, on a fait la même chose ! (rires) On a même découvert des membres de notre famille… mais surtout, Allen Plone, le scientifique !

En fait, Allen Plone est surtout le réalisateur de Night Screams (1986), Sweet Justice (1992) et de Phantom of the Ritz (1998).

Ah oui, vraiment, tiens…

Sweet Justice est l’histoire de six femmes belles mais dangereuses qui forment un commando à moto pour venger la mort d’une de leurs amies.

(rires) Probablement un réalisateur classique ! Il nous appellera peut-être pour la musique…

Plock et Plaything sont des petits chefs-d’oeuvre de pop électronique. Est-ce que Jean-Jacques Perrey et Gershon Kingsley sont une de vos grosses influences ?

Oui, bien sûr. Une chose intéressante à propos de Jean-Jacques Perrey est qu’il a une sorte de philosophie des sons électroniques ; certains sons électroniques peuvent vous faire penser différemment, changer les émotions des gens : rendre heureux les déprimés et déprimer les heureux. Je pense qu’il a beaucoup basé son travail sur ce principe.

Vous pensez comme lui pouvoir créer des émotions à partir de sons analogiques, électroniques ?

Oui, bien sûr.

Plus que dans la techno habituelle ?

Eh bien… La techno habituelle est surtout fonctionnelle. Elle sert à faire danser, à faire bouger le corps. C’est surtout pour les vendredis et samedis soirs.

Aimez-vous danser ?

De temps en temps.

Press a key est plus electro : aimez-vous ce revival électro-pop 80’s par DMX Krew ou Les Rythmes Digitales, par exemple ?

Les Rythmes Digitales est vraiment très drôle… Utiliser Nick Kershaw… c’est hilarant…

Aimez-vous le titre Sometimes ?

Euh… Pas vraiment… Mais DMX Krew est très bon. Il y a pas mal de DJs qui jouent de la vieille electro en ce moment.

Et l’electro-pop de l’époque ? Human League, Gary Numan…?

Je déteste Gary Numan ! (rires) Et je pense qu’il nous détesterait aussi ! Plone, le groupe qui nettoie les poubelles de Gary Numan….(rires). Human League, ils sont ok.

Bibi Plone, titre mignon et mélodique, me rappelle les vieux titres d’Aphex Twin, mais sans le sens du danger. Qu’en pensez-vous ?

C’est un morceau très ludique. Nous aimons vraiment les vieux disques du BBC Radiophonic Workshop, c’est vraiment un morceau arrangé dans cet esprit.

Be rude to your school est assez énergique. Pourriez-vous violenter votre musique un peu plus, comme le fait Add N To X, par exemple ?

Oui, peut-être, en live, par exemple. Je ne sais pas. Nous voulons avant tout laisser apparaître une certaine beauté dans la musique. Nous ne faisons pas du rock ! Be rude to your school est notre titre disco ! (rires).

Propos recueillis par

Lire la critique de l’album de Plone, For beginner piano