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Chaque année apporte son lot de nouvelles publications. Pour 1998, c’est Personality qui ouvre le bal. Un magazine people haut de gamme et « gentil », loin des ragots et des images volées. Alors, enfin un people lisible ?

Il faut croire que le récent décès de Diana et le haro sur la presse people qui en a suivi, n’a pas découragé les candidats au lancement d’un nouveau titre dans cette catégorie. Après Paris-Match, Gala, Voici ou Entrevue, voici donc Personality. Mais attention, pour bien saisir la « philosophie » de ce nouveau-né, il faut de suite se reporter à l’édito. « Ni langue de pute, ni langue de bois » ! Petite phrase en forme de devise pour bien signifier qu’ici on ne sert pas la même soupe qu’ailleurs. Ce que s’empresse de confirmer Vanessa van Zuylen, directrice de la publication : « Nous avons la volonté de faire un people de qualité, en étant plus qu’un simple album d’images, mais surtout en évitant de faire du mal au gens. Au lieu de ne retenir que les ragots, nous, nous demandons aux personnalités de nous parler de leur vie privée. »

On l’aura compris, Personality est donc un mag tout gentil tout plein, sans déballage d’histoires de cul, ni photos compromettantes shootées depuis une poubelle. Que du positif et du sain quoi ! « Nous nous adressons à des lecteurs qui achètent déjà Voici et Gala. C’est un lectorat plutôt urbain, entre 20 et 40 ans. Nous pensons plutôt nous situer entre Gala et Paris-Match et représenter une alternative haut de gamme à la presse people existante. »

Alors, si on ne peut pas savoir qui couche avec qui, qu’est-ce qu’on trouve dans ce mag ? Et bien on y trouve des interviews. Beaucoup d’interviews même. Pas toutes inintéressantes d’ailleurs, comme ce surprenant entretien entre Jean d’Ormesson et Ophélie Winter. Un dialogue de bonne tenue qui permet à la belle de casser son image de potiche nunuche et d’artiste rien dans la tête, tout dans le Wonderbra ! Pour le reste, ça se feuillette gentiment, sans plus. Le sac à main de Pietragala, les salles de bains de Kylie Minogue ou le thème astral d’Eddy Mitchell, c’est sympa cinq minutes mais y pas de quoi en faire une tartine non plus, non ? « Ce type de journal correspond à une demande des lecteurs. Et puis l’idée de départ, c’est d’être réglo avec les stars pour pouvoir obtenir plein d’infos exclusives. Les gens sont épatants, il suffit juste de les mettre en confiance », s’enthousiasme pourtant Vanessa qui, pour cette nouvelle aventure (elle a déjà lancé le magazine Insensé), s’est entourée d’une bonne partie de la rédaction de Première et d’une solide équipe de « plumes » (Benoît Delépine, Christophe Bourseiler…). Une grande famille un peu trop proprette à notre goût, et dont les seuls troublions pourraient bien être, une nouvelle fois, les deux anciens auteurs des Guignols et leur agenda mensuel. Pour la nouveauté et l’originalité il faudra sans doute attendre encore un peu…

Reste maintenant à savoir si les 100 000 lecteurs nécessaires à la survie du titre seront au rendez-vous et si le public plébiscitera ce concept hybride. Car entre les interviews coup de poing d’Entrevue et les photos chocs de Match ou Voici, sa soif de croustillant semble déjà bien étanchée.