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4
sur 5

Natif de Sardaigne, Paolo Fresu s’est imposé depuis plusieurs années comme une des grandes voix à la trompette depuis la disparition de Miles. Dans un discours d’une remarquable fluidité, il incorpore des éléments sonores de diverses origines, notamment des effets électroniques dont il use avec parcimonie. Très actif, il a plusieurs formations régulières, principalement un quintette. Mais c’est avec le quartette avec lequel il tourne depuis trois ans qu’il a réalisé le présent enregistrement. Tout d’abord, Nguyên Lê, guitariste français qui a su réussir un subtil mélange de sonorités rock et d’harmonies jazz et fait un usage intelligent de la guitare synthé. Et une rythmique italienne de tout premier plan, di Castri étant connu par ailleurs pour ses superbes compositions.

Les thèmes, hormis deux standards, Angel de Jimi Hendrix et une chanson traditionnelle italienne, significatifs de la personnalité des musiciens du groupe, montrent à l’évidence que l’on a ici affaire à un véritable quartette. Le Fellini de Fresu est particulièrement émouvant, à notre connaissance, un des plus beaux hommages musicaux que l’on ait rendu au maître. Le Sueños de di Castri nous montre que le bassiste est aussi un grand soliste. Il s’agit donc là d’un très bel album qui deviendra à n’en pas douter une référence.