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Tendance Floue, un collectif de photographes, et son photozine Némo s'installent sur le Web. Récit d'une expérience peu coutumière qui mérite forcément l'attention du surfeur.

Tendance Floue, un collectif de photographes, et son photozine Némo s’installent sur le Web. Récit d’une expérience peu coutumière qui mérite forcément l’attention du surfeur.

Un photozine, pourquoi pas ? Lancé en partenariat avec Kodak en septembre 95, Némo est avant tout un outil de diffusion d’images. De photographies précisément. Celles du groupe Tendance Floue, un collectif de dix photographes qui se proposent d’instaurer un lieu de rencontres, d’échanges et de création autour d’une identité photographique commune. Depuis avril 91, date de création de l’association par Thierry Ardouin, Denis Bourges, Mat Jacob, Caty Jan et Patrick Tournebœuf, Tendance Floue organise régulièrement des expositions (Fnac, Ratp…), participe à de nombreux événements culturels (Photopholies 92 et 93, Festival national des Arts de la rue…) et édite quelques ouvrages (Noms de France, éditions du Rouergue…).
Humm… pas très cyber tout ça ! On y vient. Depuis le début de l’année, l’expérience est interactive, entendez par là consultable sur le Web. « A l’origine, chaque photographe du collectif élabore un petit recueil d’images, publié dans les Némos et disponible sur abonnement, précise Julien Jacob, webmaster du site avec Christophe Tescou. En juillet 97, nous avons transposé les photozines sur Internet.« 
Résultat de l’opération : l’association présente une version nettement plus développée de Némo, devenu pour le coup « photowebzine » !
Au final, Tendance Floue offre à l’internaute une impressionnante structure de diffusion d’archives photographiques, servie par une présentation et un graphisme impeccables. Comme mentionné sur le site, l’idée « n’est pas de concurrencer les agences de presse sur le terrain de l’actualité, mais au contraire, avec le recul et le décalage nécessaires, [il s’agit plutôt] de poser des regards différents sur des thèmes génériques comme le monde du travail, l’éducation, le social, la ville, la santé, la vie quotidienne…« . Entre autres, par exemple, la vie des Indiens du Chiapas par Mat Jacob ou l’acte de naissance à l’hôpital des bleuets à Paris par Caty Jan. Bien sûr, techniquement parlant, la toile n’est pas a priori le support le plus adapté à l’expo photo. Pourtant, depuis longtemps, le Web titillait les photographes et les deux graphistes de presse, fort logiquement devenus responsables de la conception et de la réalisation du site : « notre premier souci a donc été de réfléchir à une manière de limiter le temps d’affichage des images, souligne Julien Jacob. Puis nous avons décidé d’y mêler des textes, chargés immédiatement pour à la fois, faire patienter le visiteur, et donner un nouveau sens aux photos. » Tous les deux mois, le site devrait accueillir une nouvelle exposition.
Ici, sur Tendance Floue, loin de toute considération commerciale ou philanthropique, on attend simplement dialogue, sens et… gratitude. Bah oui, quand même !

Les intéressés iront découvrir à la médiathèque du Musée d’art contemporain de Montréal la liste quasi-complète des sites dédiés à la photographie.