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Calamar – n°8 (hiver 1999) – 50 F

Bientôt deux ans d’existence, huit numéros, et toujours le même sentiment qui domine : cette revue a une classe folle. Sans doute le temps (le discernement en est une autre) est-il une donnée lui permettant d’obtenir une telle tenue. On ne garde que ce qui mérite de l’être, on constitue une sorte de bibliothèque « idéale ». Le tri est fait ; les « calamar(s) » vous en parlent. Consacrés à des œuvres éditées les mois précédents (les signataires vont aussi chercher plus loin), la plupart des articles dressent des perspectives emballantes (pour dire bref, on ne s’emmerde pas), parfois inédites. Parmi ceux-ci, « Le retour de l’utopie ? », signé Thierry Guinhut, et « Edward Bond ou le Théâtre en guerre », un texte prégnant de Frank Laroze, qui nous rend d’autant plus actuelle la présence de l’auteur des Pièces de guerre. Enfin, puisque les auteurs savent aussi s’exprimer et parler de leurs livres, Eric Faye et Daniel Arsand dialoguent avec leurs interviewers respectifs. Et ils dialoguent bien, sans but promotionnel excessif. Résultat : la littérature n’a pas à rougir de leurs interventions. On en a assez dit. On s’arrêtera donc là.

Contact : 38, rue de la Glacière – Paris 13e

Ligne de risque – n°11 (avril 1999) – 30 F

Tout autre est la « perspective » de Ligne de risque. Ici, on affirme haut et fort sa « rébellion », « sa subversion », que sais-je encore. On convoque des bons auteurs au festin (Bernard Lamarche-Vadel), mais également des médiocres (Marie Darrieussecq, dont on apprend qu’elle a « maintenant les moyens d’écrire toute (sa) vie » (sic). Le numéro porte le titre de « nouvelle tendance ». Il fallait bien que les trois potaches qui la composent, et dont la photographie est pour la première fois imprimée (c’est la principale nouveauté de ce numéro, même si ce n’est jamais très bon en matière stratégique), l’inventent pour que nous y croyons. Une citation a retenu mon attention à la fin de la revue. Elle est signée Leon Battista Alberti et extraite de Momus ou le Prince (publié en 1520) : « Momus, donc, arrogant et rebelle, se vantait de ne rien proposer et, dans un si grand zèle général, persistait avec volupté dans son refus opiniâtre ». Cette citation leur va bien au teint.

Contact : 16, rue Lauriston – Paris 16e