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A l’origine de la mise en pages de La Revue de littérature générale (éditée chez P. O. L), Cédric Scandella est graphiste. C’est également lui qui a « mis en scène » les collages de phrases répertoriées par Patrick Bouvet dans Shot. Intervention.


Chronic’art : Quels outils, matériaux, avez-vous utilisé pour la conception de Shot ?

Cédric Scandella : Les outils (classés par ordre d’usage) : Mac OS 8.5.1, PopUp CD 1.5.2, Microsoft Outlook Express 4.5, Microsoft Word 5.1 a, Word 97-98 Import, CE Quickeys 5.0, DiamondSoft Font Reserve 2.5.3, Quark X-Press 3.32.r5, TypeTamer 1.1.9, Markzware Bleed Guide 1.03, DataStream Guide Liner 1.0, Lepton BoxSwitch, DropFont 2.5.2, Filtre Balises XPress 1.7, Macromédia Fontographer 4.1, Adobe Photoshop 5.5, Gluon XPressImage 3.02, Adobe PS Printer 8.7, Adobe Acrobat Distiller 4.0, Adobe Acrobat 4.0, Stairway Anarchie 3.7, Adaptec Toast 3.7.7. Matériaux (ramenés à l’essentiel) : shot.doc.

En quoi votre démarche diffère-t-elle de l’élaboration de La Revue de littérature générale ? Y voyez-vous un prolongement ?

Pour la RLG, c’était réunions, engueulades, repas à quatre, satisfactions bruyantes, longs mois obsédants, Paris la nuit et la volonté d’apprendre. Pour Shot, ce fut une entrevue, mails polis, repas toujours seul, contentement discret, quelques matinées détendu, Lido di Marini la nuit et un sentiment de maîtrise.
Un prolongement dans le sens où la RLG est un prolongateur avec adaptateur universel : un long câble enroulé dans la tête que l’on peut brancher sur tout objet littéraire et le transformer.

La précision de la mise en forme typographique du livre a-t-elle permis (à Patrick Bouvet) une organisation plus souple de l’écriture ?

A la « mise en forme », c’en est fini de la souplesse : on a alors plus de rigueur dans l’organisation de l’écrit, mais il n’y a plus d’écriture.

Pourquoi cette invisibilité des photographies ? Pour accentuer la nostalgie qui se dégage de l’ensemble des séquences ?

Invisibilité, furtivité, absentévité, hors-champtévité, palimpsestévité… Visiblement, les gens regardent tous ces effets comme des brillantes vues de l’esprit. Pour la nostalgie, demandez à Patrick Bouvet (). A défaut d’intention d’illustrer le montage écrit effectué par Patrick Bouvet, peut-on considérer votre agencement comme le véritable « commentaire » visuel des photographies absentes ?
Contresens : il s’agit très exactement du « placement » des véritables commentaires.

Quel sens peut-on donner aux chiffres (45 en page 9 ; 63 en page 30 ; 72 en page 45, etc.) et au petit logo figurant en page 106 ?

72 étant mon année de naissance, je suppose que 45 est celle de ma mère et 63 celle de ma sœur, ce qui est le cas de beaucoup d’entre nous. Le logo page 106 ? Aucune idée, je me lève pour m’emparer d’un exemplaire… 19:15:50 … Voilà, retour au bureau livre en main… 19:16:39 … je feuillette le bouquin à la recherche de la page … 106… 19:17:32… trouvée, ah oui, il s’agit du logo de la chambre de commerce des imprimeurs, on appelle ça une pétouille, une bulle d’air, de graisse, une fibre, une poussière, une mouche prise dans les rouleaux de la machine et hop macule, macule, macule, macule sur 3000 exemplaires, voilà … 19:20:03.

Propos recueillis par

Shot, Editions de L’Olivier

Pour contacter Cédric Scandella :
Lire l’intervention de Patrick Bouvet