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3
sur 5

Le fantôme de Tezuka plane sur cette adaptation remise au goût du jour du manga préhistorique (1949) Metropolis par les vieux briscards Otomo et Rintarô (en salles en France le 12 juin 2002). Une association de rêve pour un anime-film qui s’est débarrassé du trop-plein cartoonesque de l’oeuvre originale et de l’influence encore bien présente de Disney sur le père-fondateur de la bande-dessinée japonaise. Réduit à son minimum narratif, le scénario rappelle ainsi, plus que jamais, la filiation ^toujours démentie par Tezuka- avec le film de Fritz Lang sans perdre de vue les thématiques humanisantes de Tezuka. Mais c’est bien visuellement que Metropolis impressionne, entre old-school -si les personnages ont été redesignés ils conservent la ligne rondouillarde typique de leur créateur- et modernité -décors urbains post-Akira. On pense à Paul Grimault plongé dans la technique numérique, technique qui a rarement été aussi bien maîtrisée dans un long-métrage d’animation. Après quelques tentatives plus ou moins heureuses, où la forme, somptueuse, l’emportait peu à peu sur le fond (cf. Blood : the last vampire), Metropolis marque un timide retour en force de la narration. Même si le film s’enivre parfois de sa propre beauté et qu’il n’ose pas trop se démarquer des gimmicks de la SF nippone.

Un DVD HK de plus, mais de qualité plus qu’honorable. Image limpide malgré quelques tâches à peine visibles et son stéréo quasi-nickel à quelques saturations près. Le problème vient surtout des sous-titres anglais, parfois vraiment incompréhensibles entre fautes de frappe et grammaire fantaisiste. D’autant plus regrettable que les noms des personnages ont été retranscrits en chinois -« Kenichi » devient « Jianjyi » par exemple-, ce qui n’aide pas vraiment à la compréhension générale de l’intrigue, pourtant peu complexe. C’est toujours ça de pris face à un DVD jap fabuleux mais sans sous-titres. L’éditeur a aussi la fâcheuse habitude de coller son logo sur un coin de l’écran toutes les 10-15 minutes, ce qui relève du je-m’en-foutisme le plus flagrant. L’édition HK d’animes a encore du chemin à parcourir même si on peut saluer les évidentes améliorations au niveau de la qualité des produits. Mais ceux qui recherchent un confort de vision optimal feraient mieux d’attendre la sortie en salles ou le DVD Z1 US qui ne devrait plus trop tarder. Ce dernier proposera, cerises sur le gâteau, sous-titres français et piste japonaise DTS.