Après les chorales Déménagement et Pur week-end, Le Coach, d’Olivier Doran, titulaire indiscutable de l’équipe de France A’ du divertissement populaire, déploie la bonne vieille tactique du un contre un. Soit un coach d’entreprise criblé de dettes (Richard Berry) qui n’a qu’une semaine pour faire d’un gentil con lunaire un as du management en vue de la signature d’un contrat mirifique. De quoi dérouler, sans une once d’arrogance, le kit du rire certifié conforme à Francis Veber, jusqu’au happy end.

Dans le genre archaïque, Doran n’a pas à rougir, surtout devant les récentes performances de son maître étalon. La première moitié tient même carrément la route, prenant un plaisir fou à installer son vivarium de petits personnages pittoresques. Entre branleurs de bureau et cadres zélés pathétiques, pauses déjeuners au bistrot d’en face et dragouilleries au Nespresso, le film parvient sans mal à animer son décor, plutôt juste dans la caricature et le saupoudrage de gimmicks. L’ouverture, qui en quelques plans vivifiants brosse la journée type de Berry vrombissant en Porsche de la piscine de Manaudou à L’Elysée ou au Parc des Princes, annonce les forces en présence du film, sorte de grosse pub archi-frontale, plutôt maligne sur les bords.

Mais à l’emballement du récit, panique aux manettes. Chaque noeud dramatique s’apparente à une épreuve titanesque que la mise en scène s’emploie à surmonter à grosses gouttes, quand elle n’y renonce pas purement et simplement – ce qui n’est pas plus mal. Suspense en conserve (dont une histoire d’amour particulièrement moisie), manigances en carton pâte, effets de manches en cascades, tout va trop vite pour Doran, visiblement obsédé, à mi-parcours, par l’idée de balancer le générique de fin dès que possible. Faute de maîtrise, il revient à ses gammes originelles, rappelant ici l’impuissance de Rouve, là la consternation de Berry (de loin le meilleur des deux) lors de champs-contrechamps boulevardiers en diable. Des scènes de secours qui, paradoxalement, plongent l’ensemble en dessous du niveau de la mer, au cœur des épaves les plus vermoulues de la comédie à la française. Pas étonnant que le finale tant attendu se fige, tout sourire, sur une photo de groupe qui regarde sagement la caméra. Il faut alors se pincer jusqu’au sang pour se savoir en 2009.

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