On pouvait craindre le pire de ce quatrième volet des aventures de l’homme qui tombe à pic, longtemps après Die hard 3 (douze ans déjà), loin surtout de McTiernan qui, en 1988 (bientôt vingt ans) inventait le mètre étalon du blockbuster d’action avec un marcel déchiré et quelques punchlines mémorables. Craindre aussi Len Wiseman, un type qui a commis Underworld et Underworld 2 – Evolution, et qui n’est pas vraiment au cinéma de genre ce que son homonyme Fred est au doc. Mais bon, le film est pas mal. John McLane doit escorter pour le compte du FBI un hacker (Justin Long, le gringalet qui se prenait des clés à mollettes dans la face dans Dodgeball), cible de terroristes high-tech menés par un ancien fonctionnaire révolté, un yamakazi en exil (Cyril Raffaelli), un bellâtre italien et une asiat’ bomb kung-futeuse. Rien d’anormal, sinon que les bad guys ont derrière la tête le projet de crasher d’un coup tous les PC d’Amérique, plonger le pays dans le chaos et ramasser le pactole. A la fin, ils sont tous morts et c’est McLane qui gagne.

Nulle surprise, donc, et même l’argument Windows du terrorisme virtuel ne dépayse pas, tant il fait le miel de multiples séries TV et B. Au mieux, l’irruption des nerds (dont un, gentil, joué par Kevin Smith) dans une saga éternellement eighties, intensifie l’écart entre le côté chochottes en pantalon à pince du méchant violant la patrie à coups d’algorithmes et de passwords, et la morale berger des Pyrénées de McLane (du 100% fait main). Au pire, la surenchère envoie Bruce gagner aux poings face à un F-16 égaré dans un échangeur d’autoroutes. Cette disproportion entre la fin (vaincre les plus renégats des terroristes) et les moyens (la vénère attitude de Johnny) étant après tout l’un des ressorts de la franchise, on ne saurait en faire le reproche à Wiseman.

Nulle surprise, mais un action movie assez plaisant, malgré les soubresauts d’un récit qui ne sait pas vraiment se décider quant à son point de chute – de Baltimore à NY en passant par la pampa east-coast. Quelques idées franchement rigolotes viennent ça et là percer le défilé de morts (le message des terroristes à la nation, fabriqué à partir d’un montage de discours de présidents US, façon Youtube), tandis que Willis assure et que le film nous épargne la complainte du héros devenu spectral et le commentaire du mythe. On est certes loin des expérimentations organiques de McT, mais dans la bonne moyenne du mastodonte US. McLane, pas mort.

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