PARTAGER
2
sur 5

Dans la série des classiques de la littérature liftés à donf’ par Hollywood, voici Sexe intentions, transposition contemporaine et horny des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. Moins insupportable que son aîné Roméo + Juliette (Shakespeare vu par Baz Luhrman) parce que se prenant un peu moins au sérieux, Sexe intentions propose des Valmont, Merteuil et consorts en herbe (moyenne d’âge : 20 ans). Beaux, riches et pervers, Kathryn Merteuil (l’excellente Sarah Michelle Gellar) et Sebastian Valmont (admirez l’américanisation) vivent dans une immense demeure new-yorkaise et passent leur temps à manigancer contre leur prochain. Ce qui les intéresse ? Les paris les plus vicieux (par exemple, Sebastian diffuse des photos chaudes de ses conquêtes sur le Net), les vengeances diaboliques, la classe absolue (ah ! ces quelques mots en français avec l’accent américain), et le cul, le cul, le cul… Mais un jour, Sebastian (Ryan Phillippe) tombe amoureux d’Annette (Reese Witherspoon), l’une de ses victimes ; et Kathryn, jalouse, complote en solo contre les tourtereaux.

Il est rare de tomber, au cœur d’un pur produit de studio U.S., sur des répliques telles que « tu pourras mettre ta queue où tu veux » (Kathryn incitant Sebastian à la débauche) ou « sa bouche est un véritable aspirateur » (un pote homo de Valmont parlant de l’un de ses amants). C’est le côté le plus réjouissant du film de Roger Kumble : des teenagers qui parlent de sexe sans recourir à des allusions foireuses ou des métaphores à deux balles. On regrette d’autant plus que cela n’aille pas très loin au niveau des images car, à n’en pas douter, Sexe intentions aurait fait un très bon porno, même si le cinéaste semble retourner sa veste dans les derniers plans, visiblement soulagé que la Merteuil, trop subversive, subisse les foudres des élèves dans un ignoble ralenti.
Pour le reste, Sexe intentions, tout en se laissant regarder, ne casse pas des triques, et ressemble à n’importe quelle romance douceâtre pour ados gentiment rebelles, musique sympa à l’appui (The Verve et Placebo, entre autres).