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sur 5

En pleine dépression, Hunter « Patch » Adams (Robin Williams) entre dans un asile psychiatrique. C’est dans cet endroit « obscur » qu’il va se découvrir un don : aider son prochain. Et comment l’aider ? En le faisant rire. Déterminé, Patch Adams décide alors de devenir médecin et entre à l’université. Il y trouvera des adeptes, tels Truman (Daniel London) et Carin (Monica Potter), pour changer l’hôpital. Ensemble, ils combattront l’idée qu’un hôpital est une institution froide et bureaucratique, pour en faire un foyer à l’écoute de tous.

Docteur Patch est réalisé par une équipe de vétérans attachés à la comédie. Tom Shadyac assure la réalisation (Ace Ventura, Détective chiens et chats, Menteur menteur avec Jim Carrey, et Le Professeur Foldingue avec Eddie Murphy) et Steve Oedekerk le scénario (il a écrit et réalisé Ace Ventura en Afrique). Ces derniers n’ont pris aucun risque pour raconter cette histoire (certes touchante), jugeant bon de ne rien tenter sur le plan de la réalisation afin d’obtenir un résultat efficace. C’est dommage, car l’histoire repose sur un personnage hors du commun, lequel aurait pu leur servir de modèle. Résultat : au lieu d’avoir un film attachant et audacieux comme le personnage de Patch, nos deux lascars se contentent de proposer un clone du Cercle des poètes disparus (Peter Weir, 1989), fonctionnant sur les mêmes ressorts dramatiques et comiques. Vous l’aurez compris, Docteur Patch est victime de cette paresse -Hollywood sous-estime le potentiel de ses histoires et préfère s’accoutumer, non sans complaisance, à un univers raconté avec la même méthodologie. On est très loin d’un Milos Forman, qui prône lui aussi des valeurs morales comme la tolérance et la liberté d’expression, mais les traite avec sensibilité et envergure, en étant toujours proche de ses personnages et de son histoire (Vol au-dessus d’un nid de coucou, Larry Flynt).

Robin Williams incarne certes Patch Adams avec conviction. Et qu’on l’aime ou non, il porte le film, convaincu, comme son personnage, que le rire et la bonne humeur sont les meilleurs médicaments au monde. Deux scènes sont ainsi particulièrement réussies, dans la mesure où elles traduisent, avec sensibilité, le principal thème du film : celui-ci visant à changer l’attitude hautaine du docteur face à ses patients. La première scène montre Patch dans le service de pédiatrie face à des enfants atteints du cancer, et la deuxième sa confrontation avec un malade mourant (Peter Coyote) mais qui rejette toute aide morale. D’autres scènes auraient pu être de la même trempe si elles n’avaient pas été complètement escamotées par une musique mièvre.

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