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Comme il les a clôturées magistralement à La Cigale le 30 novembre dernier pour la fin des commémorations du cinquantenaire de la naissance de la musique concrète, Pierre Henry ouvrait cette année les hostilités avec le (déjà) XXIe cycle acousmatique de l’I.N.A / G.R.M. à Radio-France. Ouvrait les hostilités, c’est le cas de le dire, car sa dernière création (le premier épisode d’une série d’œuvres axées autour de l’enregistrement au microphone), si elle rend hommage à la solidarité des hommes pendant l’épisode de la construction de la Tour de Babel, n’en mit pas moins nos oreilles à rude épreuve.
En effet, comme la plupart des compositeurs de musique électroacoustique, Pierre Henry doit être proche de l’état de Beethoven alors qu’il composait sa Troisième Symphonie. Ce qui l’oblige à pousser les potards à donf sur l’acousmonium. Pauvres sont alors nos tympans. Trop pauvres en fait pour pouvoir apprécier la (nous en sommes certains) « subtilité » des nouveaux sons du maître.
Découpée en huit titres qui s’enchaînent pour certains, la dernière œuvre du septuagénaire vivifié par les acclamations de la pleine salle Olivier Messiaen, commence plutôt bien. Les deux premiers numéros qui content le rassemblement des hommes sur le site de construction sont forts beaux de richesse et de détails sonores (ah ! ces bateaux qui arrivent et accostent en débordant de passagers). Après, tout est malheureusement plus diffus et surtout plus confus dans cet amas sonore qui aurait mérité quelques transparences supplémentaires à défaut d’un niveau acoustique plus respectueux des auditeurs.
Gageons que l’œuvre passera mieux à la radio et qu’elle poursuivra le chemin tracé par le succès rencontré lors de sa création -mais les spectateurs n’étaient-ils pas tous des compositeurs de musique électro cités plus haut ou plus simplement rendus sourds et ne s’entendant plus applaudir ?