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4
sur 5

Et un de plus ! Qui nous fait vivre un grand retour sur l’histoire de la musique décalée. Une fois encore et comme avec tant d’autres (de Air à Kula Shaker), on voyage à travers le temps et on ne sait plus trop où on en est. Mais c’est un bonheur. Avec My shy boy saint, Yossarian fait débuter le voyage en 2001, odyssée sixties futuriste avec, pour accompagnateurs, des instruments que vous et moi n’avons pas connus. Dolly et Chemical morning nous ramène en terrain plus familier. A l’instar de Air et des trublions de la french touch, Yossarian se situe ainsi dans une pop expérimentale qui aurait eu son heure de gloire il y a trente ans. Evidemment, à force d’écouter la Messe pour le temps présent de Pierre Henry et Michel Colombier, on retient bruits blancs, vibrations, glissandi de synthés à boutons du premier et pop psyché de l’autre (très réussi mélange sur Do the fuse et Roundabout et les roulements de caisse claire de Cocktail in Amsterdam).

On ne sait pas grand chose de Yossarian, mais on devine une adolescence passée au fond de la chambre à écouter des tonnes de disques et à s’essayer, plus grand, à des « à la manière de… » avant de parvenir à cette maîtrise. Oscillant entre petite musique de nuit rigolote (Rollerskate city) et mouvement perpétuel façon Roue Ferris du grand Bernard Parmeggiani (Witches & bitches), Yossarian nous renvoie autant dans les bras de Syd Barrett que de Adult Fantasy, de Prince période Around the world in a day (Fantastic island) que de Baby Bird (The exclusion zone, Baby birdien à souhait ou plagiat ?), de Kraftwerk (Peddling filth to the kids, là encore attention au plagiat) que du Pink Floyd version Wish you were here. Rien que du super plaisant donc, que Yossarian, dont on ne sait toujours rien (si, son nom : Tim London !), réussit parfaitement à mélanger et à restituer d’une façon pas toujours très personnelle, mais qui laisse augurer un avenir radieux.